Alors que les décharges sauvages prolifèrent dans les quartiers populaires de Lomé et que les caniveaux débordent de plastiques, le gouvernement décide de renforcer son arsenal réglementaire en matière d’assainissement et de protection de l’environnement. À travers une circulaire conjointe relative à la gestion des déchets et à l’amélioration du cadre de vie, les autorités entendent instaurer une gouvernance plus rigoureuse et plus coordonnée de la salubrité publique.
Les images sont devenues familières aux Togolais. Des monticules d’ordures aux abords des marchés de Lomé, des sachets plastique accrochés aux branches des manguiers comme des fruits artificiels, des eaux stagnantes transformées en nids de moustiques après chaque averse. Face à cette dégradation chronique du cadre de vie, le gouvernement togolais tente un virage institutionnel. Dans une circulaire conjointe signée par les ministres de l’Administration territoriale (Hodabalo Awate), de l’Environnement (Dodzi Kokoroko), de la Santé et de l’hygiène publique (Jean-Marie Koffi Tessi) et de l’Aménagement du territoire (Kodjo Adedze), les autorités centrales recentrent la lutte contre les déchets sur l’échelon communal.
Ce texte, qui s’adresse aussi bien aux collectivités territoriales qu’aux services déconcentrés de l’État, aux opérateurs privés et aux populations, vise à mettre fin aux pratiques anarchiques de gestion des déchets solides et liquides. En effet, ces pratiques sont devenues une source majeure de nuisances sanitaires et environnementales dans les centres urbains comme dans les zones périurbaines.
Face à l’urbanisation rapide, à l’augmentation des volumes de déchets et à la persistance de dépôts sauvages, la circulaire rappelle que la gestion des déchets est désormais une responsabilité partagée, impliquant l’État, les communes, les entreprises et les citoyens. Elle fixe un cadre opérationnel pour l’organisation de la pré-collecte, de la collecte, du transport, du traitement et de la valorisation des déchets, tout en insistant sur la nécessité de respecter les normes d’hygiène et de sécurité.
Les autorités soulignent que l’insalubrité constitue un facteur aggravant de nombreuses pathologies, notamment les maladies hydriques et respiratoires, et représente un frein au développement socio-économique. L’amélioration du cadre de vie est ainsi érigée en priorité nationale, au même titre que la lutte contre la pauvreté et la promotion de la santé publique.
Responsabiliser les acteurs locaux pour l’assainissement
Les maires se voient assigner sept obligations précises. Elaborer des « plans communaux de salubrité », organiser des opérations de nettoyage régulières dans les marchés et zones à forte fréquentation, mettre en place des dispositifs de collecte respectueux des normes environnementales, identifier des sites de transit ou de traitement, prendre des arrêtés municipaux stricts, exercer leur « pouvoir de police administrative » pour sanctionner les contrevenants, et promouvoir une « citoyenneté responsable ».
Les services techniques de l’État sont, quant à eux, invités à renforcer les contrôles, à accompagner les communes dans la mise en place d’infrastructures adaptées (centres de transit, décharges contrôlées, unités de valorisation) et à promouvoir des solutions innovantes, notamment dans le recyclage et la transformation des déchets.
Au-delà de l’encadrement institutionnel, le texte met l’accent sur la dimension citoyenne. Il appelle les populations à adopter des comportements responsables : tri à la source, respect des jours et heures de collecte, interdiction formelle des dépôts sauvages et des brûlages à ciel ouvert. La réussite de la politique d’assainissement repose ainsi sur une appropriation collective des enjeux environnementaux.
Le gouvernement togolais affiche sa volonté de faire de la salubrité un pilier de développement durable. L’objectif est de bâtir des villes plus propres, plus sûres et plus attractives, capables de concilier croissance urbaine, santé publique et préservation de l’environnement.
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