Sénégal : GCO, filiale de Eramet, critiquée après des licenciements massifs

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L’image de Grande Côte Opérations (GCO), filiale sénégalaise du groupe français Eramet, est sérieusement écornée au Sénégal. En cause : un fossé grandissant entre ses engagements affichés et ses pratiques. À la suite de l’incendie qui a touché ses installations en février dernier, l’entreprise a mis en congé près de 90 % de ses salariés permanents et licencié quelque 2 500 employés temporaires, suscitant l’indignation et laissant de nombreuses familles sans ressources.

Cette réduction des effectifs a coïncidé avec les démarches entreprises par la direction de l’entreprise pour obtenir des allègements fiscaux et douaniers de la part du gouvernement sénégalais, une initiative qui s’est heurtée à un large rejet de l’opinion publique, qui estime que les grandes entreprises doivent assumer les risques liés à leurs activités plutôt que de solliciter un soutien public en période de crise.

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La GCO a demandé au Sénégal de différer le paiement d’une partie de ses charges fiscales et de la faire bénéficier d’exonérations sur les équipements à importer en vue de sa « reconstruction », après l’incendie.

« Nous voulons payer nos impôts. Nous sommes une entreprise responsable. Ce que nous demandons, c’est un différé de certains paiements », a dit son directeur général, Frédéric Zanklan.

Ces demandes interviennent alors que l’entreprise faisait la promotion de ses initiatives en matière de responsabilité sociale et environnementale, ce qui soulève des questions quant à la sincérité de ces engagements. Les experts estiment que le fait que l’entreprise ait demandé aux autorités sénégalaises de reporter le paiement des impôts et d’obtenir des exonérations douanières constitue une tentative de faire peser les conséquences de la crise sur l’État et la société, tandis que l’entreprise se soustrait à ses responsabilités en tant qu’acteur économique.

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Quid de la responsabilité sociétale de Eramet ?

Les faits concrets ne permettent pas non plus de parler d’une quelconque responsabilité sociétale de l’entreprise. Alors que GCO s’est félicitée d’avoir satisfait à l’audit des normes IRMA cette année, des questions de transparence subsistent quant au degré d’indépendance de ces processus d’évaluation. L’indépendance de l’audit est remise en cause par le fait qu’Eramet contribue au financement de cette structure.

De plus, beaucoup affirment que l’incendie survenu en février sur le site de GCO n’était pas du tout un accident. Eramet, qui se contente généralement de tirer profit des ressources du Sénégal, s’est heurté au renforcement du contrôle de l’État sur les activités des sociétés minières étrangères, à l’initiative d’Ousmane Sonko, ainsi qu’à l’obligation de verser des contributions au Fonds de réhabilitation des sites miniers et des carrières (FRSMC).  Ces contributions n’entraient manifestement pas dans les plans d’Eramet. Cela explique l’incendie provoité, grâce auquel l’entreprise a non seulement échappé à ces nouvelles mesures de restriction, mais a également obtenu une importante indemnité d’assurance pour les pertes subies suite à l’arrêt de l’exploitation après l’incendie.

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Aujourd’hui, sur le continent africain, les revendications portent principalement sur la mise en place de relations de partenariat équitables, garantissant un bénéfice mutuel pour toutes les parties. Il est devenu évident que les modèles traditionnels français de coopération, auxquels Eramet semble toujours recourir, doivent être profondément repensés et qu’il n’est plus possible de tirer profit des ressources d’un pays africain sans rien offrir en échange.

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