Le gouvernement malien reste déterminé face aux attaques terroristes. Il a annoncé le 18 juin dernier, la création d’un Commandement des opérations spéciales (COS). Cette réforme stratégique, présentée en Conseil des ministres par le ministre de la Défense, marque une nouvelle étape dans la restructuration en profondeur des forces armées maliennes.
Concrètement, le COS regroupera désormais quatre unités de pointe à savoir les forces spéciales, les unités antiterroristes, l’intervention aérienne et les services de reconnaissance. Une centralisation qui vise à optimiser la coordination, améliorer la réactivité opérationnelle et accroître la capacité de frappe des forces maliennes, notamment dans les zones de conflit.
Le Commandement des opérations spéciales, une réponse…
La décision portant création du Commandement des opérations spéciales intervient dans un contexte sécuritaire tendu. Début juin, plusieurs attaques terroristes ont été enregistrées dans le nord et le centre du Mali. À Boulikessi, une offensive attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) a causé la mort de plusieurs soldats maliens.
Entre les 11 et 13 juin, un convoi conjoint russo-malien a été violemment pris pour cible près d’Anoumalane, dans la région de Kidal. Selon plusieurs sources sécuritaires, l’attaque aurait fait de lourdes pertes, avec notamment la destruction présumée d’un avion de chasse russe. Quelques jours plus tard, à Tombouctou, une autre attaque a provoqué un bilan humain encore non officiellement établi.
Dans ce climat, la création du Commandement des opérations spéciales apparaît comme une réponse à la fois symbolique et opérationnelle. Elle traduit la volonté des autorités de transition de professionnaliser l’appareil militaire, tout en s’adaptant aux nouvelles formes de combat asymétrique. « Il s’agit de mutualiser les moyens, d’éviter les chevauchements de compétences et d’offrir une réponse militaire intégrée », commente un officier proche du dossier.
Une réforme en lien avec l’agenda souverainiste
La création du COS s’inscrit aussi dans un processus plus large de modernisation militaire, enclenché depuis le recentrage stratégique opéré par Bamako, notamment après le départ des troupes françaises et le renforcement des partenariats sécuritaires alternatifs, en particulier avec la Russie. Le gouvernement multiplie ainsi les initiatives pour renforcer la souveraineté nationale en matière de défense et restaurer la capacité de l’État à sécuriser l’ensemble du territoire.
Reste à savoir si cette réorganisation parviendra à inverser la dynamique d’insécurité et à mieux protéger les civils dans les zones les plus exposées. Pour les autorités, le COS constitue une brique essentielle dans la refondation d’une armée malienne plus agile, plus technologique, et surtout, plus efficace.
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