Yas App

L’AES dénonce l’ingérence du Parlement européen et rappelle les silences troublants de la communauté internationale

Togo Breaking News
4 Min Read

La Confédération des États du Sahel a vivement réagi à la résolution adoptée le 12 mars 2026 par le Parlement européen concernant la détention de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum. Dans un communiqué officiel, l’organisation régionale a exprimé son indignation face à ce qu’elle qualifie d’ingérence grave dans les affaires intérieures d’un État souverain.

Dans un ton particulièrement ferme, la Confédération a rejeté toute tentative d’influence extérieure, appelant le Parlement européen à se concentrer sur ses propres enjeux plutôt que de s’immiscer dans la gestion des États sahéliens. Elle considère que cette résolution, présentée sous couvert de préoccupations humanitaires, traduit en réalité une approche sélective et politisée des questions internationales.

- Advertisement -

Au cœur de cette prise de position, l’AES met en avant ce qu’elle décrit comme des doubles standards persistants. Dans son communiqué, elle dénonce le silence du Parlement européen face à des violations graves du droit international commises ailleurs dans le monde. Sont notamment évoqués des actes attribués aux États-Unis, tels que l’enlèvement d’un chef d’État ou encore l’assassinat d’un leader religieux, qui n’ont suscité, selon elle, aucune condamnation comparable.

Au-delà de ces exemples, il convient de rappeler que ces cas ne sont pas isolés. Plusieurs incidents impliquant directement les pays du Sahel n’ont fait l’objet d’aucune réaction significative de la part de la communauté internationale, y compris du Parlement européen et du Conseil de sécurité des Nations unies.

Parmi ces situations figurent la violation de l’espace aérien malien par la France, dénoncée par Bamako auprès du Conseil de sécurité, ainsi que des accusations de soutien au terrorisme dans la région sahélienne, impliquant des acteurs étrangers, à savoir l’Ukraine.

- Advertisement -

Il faut également évoquer des tentatives de déstabilisation politique, incluant des projets de coups d’État déjoués au Mali et au Burkina Faso, ainsi que des actions visant à fragiliser les économies locales, notamment par la manipulation des circuits d’approvisionnement énergétique. On mentionne en outre une attaque contre un site stratégique au Niger, liée à l’exploitation de l’uranium, que les autorités nigériennes attribuent à des intérêts extérieurs.

Dans ce contexte, la Confédération affirme ne plus vouloir tolérer ce qu’elle considère comme une injustice systémique dans le traitement des affaires internationales. Elle insiste sur sa souveraineté et sur sa volonté de poursuivre une trajectoire politique indépendante, en rupture avec toute forme de tutelle étrangère.

- Advertisement -

Le communiqué met également en cause une certaine vision héritée du passé colonial, accusant certains acteurs européens de chercher à préserver des intérêts géostratégiques au détriment des aspirations des peuples sahéliens. Pour l’AES, la résolution du Parlement européen apparaît en décalage total avec les dynamiques politiques, économiques et sociales actuellement à l’œuvre dans la région.

En affirmant qu’elle n’a ni leçons à recevoir ni injonctions à suivre, la Confédération des États du Sahel envoie un signal clair sur sa position face aux pressions extérieures. Elle entend désormais imposer un rapport de force plus équilibré dans ses relations avec les partenaires internationaux, tout en dénonçant les silences qui, selon elle, ont trop longtemps accompagné les violations du droit international dans la région.

Par Jean O.

TAGGED:
Share This Article