Les flammes ont englouti vendredi à Dapaong des milliers de litres de boissons frelatées. Une scène spectaculaire, presque rituelle, qui marque la deuxième opération coup de poing menée depuis le début de l’année par les autorités locales contre la prolifération du « Sodabi » trafiqué.
Au total, 11 145 litres de produits illicites ont été détruits à raison de 409 bidons de 25 litres, 17 de 30 litres, 6 de 10 litres, 20 de 5 litres, et même un fût de 250 litres. La saisie, fruit d’opérations conjointes de la police et de la gendarmerie entre mai et août 2025, illustre l’ampleur du phénomène dans cette région, où la circulation des alcools artisanaux défie depuis longtemps les cadres légaux.
À l’origine de cette offensive, un arrêté du 24 mars 2025 signé par le Gouverneur des Savanes, proscrivant avec fermeté toute production, importation, distribution ou commercialisation de ces boissons frelatées. Un texte qui s’inscrit dans une dynamique nationale d’assainissement du marché, face aux ravages sanitaires causés par ces alcools frelatés souvent élaborés dans des conditions rudimentaires.
Boissons frelatées : Un fléau social et sanitaire
Cette opération n’est pas symbolique. Elle est un avertissement. Les forces de l’ordre poursuivront les saisies, les contrôles et les patrouilles et aucun compromis ne sera toléré concernant les boissons frelatées.
Dans les Savanes, le Sodabi – boisson traditionnelle dérivée du vin de palme – a depuis longtemps glissé vers des versions trafiquées, parfois coupées de produits chimiques dangereux. Ses effets sur la santé publique sont décriés par les médecins, tandis que son commerce illicite, souvent plus lucratif que les filières agricoles locales, attire nombre de jeunes sans emploi.
Cette deuxième opération de destruction, après celle de mai dernier (50 fûts et 131 bidons réduits en cendres), témoigne de la volonté des autorités de briser un cycle économique parallèle, mais profondément enraciné.
La démarche de Affoh Atcha-Dedji, le Gouverneur de la région des savanes est d’assainir le marché local et protéger les consommateurs, même au prix d’un bras de fer avec une économie informelle encore vivace.
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