L’Agence Nationale de la Cyber sécurité (ANCy) crée l’émulation avec un vivier d’experts capables de répondre aux cybermenaces croissantes. Elle a organisé samedi à Lomé la finale de l’édition 2025 de la compétition nationale, Capture The Flag (CTF). À l’issue d’épreuves complexes, les meilleurs compétiteurs ont su démontrer une maîtrise pointue des techniques de hacking éthique.
Le CTF consiste en une série de défis techniques permettant d’identifier des “flags” cachés dans des environnements informatiques simulés. « Le cyberespace togolais est un territoire à défendre. Et pour le défendre, il faut des hommes et des femmes formés, disciplinés et passionnés. Le CTF est l’un des outils majeurs que nous utilisons pour détecter, encourager et renforcer ces talents. », a lancé le Commandant Gbota Gwaliba, directeur général de l’ANCy.
Le concours permet aux participants de jouer un peu les hackers, mais en forme d’hackers éthiques. Reproduisant des scénarios proches de ceux employés par les cybercriminels, ces challenges ont pour objectif de former les étudiants et professionnels de la cybersécurité aux modes opératoires réels des attaquants.
« Si nous voulons défendre notre cyberspace, nos administrations et nos entreprises, il nous faut des ressources techniques très compétentes », souligne Palakiyem Assih, Directeur technique de Cyber Défense Africa.
Une compétition toujours plus exigeante
Pour cette édition, le niveau des challenges a été significativement relevé. Les épreuves, allant du pentest d’infrastructures bancaires à l’exfiltration contrôlée de données en passant par la neutralisation de sites vulnérables, ont permis de tester la maîtrise technique des participants dans des conditions similaires aux attaques réelles.
« Cette année, nos équipes techniques ont élevé le niveau. Et les participants ont répondu présents. Cela prouve que la jeunesse togolaise a un potentiel immense, capable de rivaliser demain avec les plus grandes équipes internationales. L’ANCy ne veut pas seulement former des experts. Nous bâtissons une véritable communauté nationale cyber, capable d’anticiper, d’alerter et de protéger nos infrastructures vitales », a affirmé le Commandant Gbota Gwaliba
Le premier finaliste a dépassé les 13 000 points, un score remarquable qui démontre le niveau croissant des équipes. Composé de 4 jeunes garçons, le groupe remporte une enveloppe de 2 millions de francs CFA mis en jeu.
« C’est une compétition que nous préparons depuis un an. L’an dernier nous n’avions pas gagné, et cela nous a motivés à nous entraîner davantage. Cette année, heureusement, nous sommes sortis vainqueurs. Et Si je devais donner une échelle, le niveau de difficulté était à 5 l’année passée. Cette année, ils ne se sont pas contentés de monter à 6, ils ont vraiment haussé le niveau. La cybersécurité évolue, et eux aussi », a témoigné Sossawe Joseph N’Lowa.
Le capitaine de l’équipe victorieuse confesse que sa motivation personnelle est née d’une passion initiée par le cinéma, avant de découvrir la réalité du métier. « Les films m’ont motivé. Mais dès ma première année en cybersécurité, j’ai compris que c’était un domaine très intéressant, bien au-delà de ce qu’on voit à l’écran. Protéger les gens, empêcher les arnaqueurs et les malveillants de leur nuire : c’est devenu une conviction. », a-t-il dit.
ANCy forme une armée de cyber-guerriers
Pour l’ANCy, l’objectif dépasse la compétition. Il s’agit de bâtir une communauté nationale solide, capable d’échanger en temps réel sur les nouvelles menaces et d’alerter les entreprises avant que des attaques ne surviennent. « Les cybercriminels s’organisent, échangent et se forment sur le dark web. Nous devons, dans le monde réel, faire de même : partager, apprendre, nous renforcer », insiste Palakiyem Assih.
En dehors de l’équipe de Joseph N’Lowa, deux autres groupes classés 2è et 3è ont été primés. Ils ont reçu respectivement une enveloppe 1.200.000 FCFA et 800.000 FCFA. Ces lauréats, douze au total bénéficieront d’une formation certifiante, financée par l’agence, afin de consolider leur expertise et de préparer de futures participations internationales.
Après avoir déjà envoyé deux lauréats représenter le Togo au Japon en 2024, l’agence espère voir ses cyber-athlètes progresser encore et décrocher une place de choix dans les compétitions mondiales à venir.
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