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Allemagne-Togo : les contours de la coopération redéfinis à Berlin

Didier ASSOGBA
5 Min Read

Sous les plafonds sobres du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement, à Berlin, s’est tenue les 11 et 12 novembre 2025 une nouvelle session des négociations intergouvernementales germano-togolaises. Ces rencontres, inscrites dans le calendrier quadriennal de la coopération bilatérale, ont permis d’esquisser les grandes orientations d’un partenariat qui se veut à la fois équilibré, pragmatique et tourné vers la transformation structurelle du Togo.

Conduite par Bèguèdouwè Paneto, secrétaire général du ministère auprès du Président du Conseil chargé de la planification du développement, la délégation togolaise a fait face à celle de la République fédérale d’Allemagne, dirigée par Dr. Bärbel Kofler, secrétaire d’État parlementaire.

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Des engagements financiers pour la coopération germano-togolaise

Les discussions, menées dans un esprit de franchise et de continuité, ont porté sur cinq domaines stratégiques à savoir : la transformation agricole et alimentaire, la santé et la protection sociale, la formation et l’emploi, la gouvernance territoriale, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

L’objectif affiché par les deux parties est de faire converger la coopération allemande avec les ambitions de la Feuille de route gouvernementale du Togo à l’horizon 2030. Cette dernière privilégie un développement endogène fondé sur la valorisation du capital humain et la modernisation de l’économie.

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À l’issue des échanges, Berlin a annoncé un engagement financier total de 50,3 millions d’euros, soit environ 32,8 millions d’euros pour la coopération financière et 17,5 millions d’euros pour la coopération technique. Ces montants, destinés à soutenir des projets dans les secteurs de l’agriculture, de la gouvernance locale et de la santé, portent le portefeuille global de l’Allemagne au Togo à plus de 567 millions d’euros (environ 372 milliards de FCFA). Ces chiffres consolident la position de l’Allemagne comme premier bailleur bilatéral du pays.

Mais au-delà des chiffres, c’est la logique du partenariat qui retient l’attention. Les fonds allemands, inscrits dans le cadre de la programmation conjointe de l’Équipe Europe 2021–2027, s’articulent autour de la mutualisation des efforts entre l’Union européenne, la France, le Luxembourg et l’Allemagne, marquant la volonté d’une coopération coordonnée plutôt qu’additionnelle.

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Le Compact with Africa, pilier du partenariat réformateur

La relation germano-togolaise s’inscrit dans la continuité du Compact with Africa (CwA), initiative lancée sous la présidence allemande du G20 en 2017. Le Togo, membre du groupe restreint des pays africains partenaires, bénéficie d’un appui privilégié pour renforcer l’attractivité de son environnement économique et encourager les investissements privés.

Depuis 2021, la coopération entre Lomé et Berlin s’est densifiée autour d’un « partenariat pour les réformes », visant à appuyer les mutations structurelles du pays : assainissement de la gouvernance économique, amélioration du climat des affaires, réforme du foncier et de la décentralisation, appui aux PME et promotion de l’entrepreneuriat féminin.

Le lancement, le 15 octobre 2025 à Washington, du fonds fiduciaire multi-donateurs – un mécanisme soutenu par l’Allemagne et la Banque mondiale – illustre cette volonté d’élargir la portée du Compact. Le Togo, aux côtés d’une quinzaine de pays africains, y participe activement, avec pour ambition de faire du secteur privé un moteur de croissance inclusive.

Dans un contexte où les relations Nord-Sud sont souvent traversées par des logiques d’asymétrie, le dialogue germano-togolais se distingue par sa rhétorique d’égalité et de confiance mutuelle. L’Allemagne, fidèle à son approche de la coopération « par la réforme », privilégie l’appropriation nationale et la transparence, deux principes au cœur des échanges de Berlin.

Les deux délégations ont convenu de tenir la prochaine session à Lomé en 2028, signe d’une alternance symbolique qui vise à inscrire le dialogue dans la durée et à rapprocher les acteurs institutionnels et techniques des réalités du terrain. Au-delà de l’aide publique au développement, c’est une vision commune de la transformation africaine qui se dégage de ces négociations.

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