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Afrique-Europe : Faure Gnassingbé plaide pour la refondation du partenariat

Didier ASSOGBA
4 Min Read

Le 7ᵉ sommet Afrique-Europe s’est tenu les 24 et 25 novembre 2025 à Luanda. Le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a appelé à un partenariat « repensé, rééquilibré et renforcé » entre l’Afrique et l’Europe. Sa logique est de faire face à la montée des incertitudes géopolitiques, des menaces sécuritaires et des fractures économiques mondiales.

Faure Gnassingbé a structuré son intervention autour de trois axes majeurs. Il a évoqué la paix comme bien public mondial, la rénovation du multilatéralisme et la construction d’une architecture commune de stabilité. Le dirigeant togolais a défendu une vision stratégique des relations entre les deux continents, insistant sur leur interdépendance croissante.

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Dans un contexte international qu’il qualifie de « fragmenté et marqué par la défiance », Faure Gnassingbé a tenu à rappeler que « les États africains assument la première responsabilité de la paix et de la sécurité sur le continent ». Il a souligné que les crises africaines ne peuvent plus être considérées comme périphériques.

« La stabilité de l’Afrique conditionne celle du monde », a-t-il martelé, estimant que la paix n’est plus un acquis mais un chantier permanent. « Dans un monde marqué par la défiance et la fragmentation, la paix est redevenue un enjeu global. Elle n’est plus un acquis mais un combat quotidien », a-t-il ajouté.

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Rénover un multilatéralisme à bout de souffle

Au cœur de son message diplomatique, Faure Gnassingbé a appelé à une réforme profonde de l’ordre international, qu’il juge inadapté aux réalités contemporaines. Pour lui, le multilatéralisme reste indispensable, mais ne peut survivre sans mutation.

« Le multilatéralisme ne doit pas être abandonné, mais rénové », a-t-il affirmé, plaidant pour un système international « plus juste, plus représentatif et plus inclusif ». Faure Gnassingbé souhaite un système capable de corriger les déséquilibres hérités de l’après-Seconde Guerre mondiale et d’empêcher que la loi du plus fort ne supplante la coopération.

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Sur le plan opérationnel, le dirigeant togolais s’est prononcé en faveur de la mise en place d’une architecture conjointe de sécurité entre l’Union africaine et l’Union européenne. Elle devra être mieux adaptée aux nouvelles formes de menaces telles que le terrorisme, la cybercriminalité, les trafics transnationaux, la désinformation…

« L’Afrique et l’Europe doivent construire ensemble une architecture de paix complète et commune », a insisté Faure Gnassingbé avant de souligner que la sécurité ne peut être pensée par silos géographiques.

La jeunesse africaine, selon lui, doit être placée au cœur de cette vision. « La paix durable ne se décrète pas, elle s’apprend et se transmet », a-t-il lancé, appelant à investir davantage dans l’éducation, la formation et l’employabilité des jeunes comme leviers structurels de stabilité.

Faure Gnassingbé pour la réciprocité

En conclusion, Faure Gnassingbé a souligné la logique de réciprocité qui fonde, selon lui, la relation entre l’Afrique et l’Europe : « Une Afrique souveraine et stable réduit les vulnérabilités européennes. Une Europe lucide et engagée renforce la sécurité et la souveraineté africaines. »

Le sommet de Luanda aura également été marqué par la réaffirmation de la stratégie européenne Global Gateway, avec une enveloppe de 150 milliards d’euros destinée à l’Afrique, visant à soutenir les infrastructures, les investissements énergétiques et la connectivité numérique.

Les discussions ont porté sur plusieurs chantiers tels que la transformation locale des matières premières et des minerais critiques; le renforcement de la coopération sécuritaire; la gestion concertée des flux migratoires, la lutte contre le changement climatique, ou encore la promotion d’un développement durable plus inclusif.

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