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SONAFIR : Naka Gnassingbé face au défi de diversifier le financement des routes au Togo

Didier ASSOGBA
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Didier ASSOGBA
Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
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Naka Gnassingbé
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Quelques jours après sa prise de fonctions à la tête de la Société nationale de financement routier (SONAFIR), Naka Gnassingbé engage ses premiers contacts avec le ministère chargé des Travaux publics. La nouvelle directrice générale hérite d’une structure créée pour élargir le financement des infrastructures routières. Son expérience à la tête de l’ANPGF devrait désormais être mise à l’épreuve sur un autre terrain : celui des infrastructures.

La nouvelle directrice générale de la SONAFIR entre progressivement dans son nouveau rôle. Reçue jeudi par le ministre délégué chargé des Travaux publics et des Infrastructures, Sani Yaya, Naka Gnassingbé a engagé les premiers échanges avec les responsables du département et les services techniques avec lesquels la nouvelle société devra travailler.

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Cette rencontre constitue une première étape dans la mise en place des relations de travail entre la SONAFIR et le ministère. Elle doit notamment faciliter la coordination autour des dossiers relevant de leurs domaines communs. Sani Yaya a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les équipes techniques des deux structures. De son côté, Naka Gnassingbé a souligné l’importance du partenariat pour mobiliser et gérer efficacement les ressources destinées aux routes.

De la SAFER à la SONAFIR

La nomination de Mme Gnassingbé intervient dans une phase de transformation du dispositif de financement routier au Togo. Créée par décret le 26 juin 2026, la SONAFIR remplace la Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER), opérationnelle depuis 2012.

Le changement ne se limite pas à une nouvelle appellation. La SONAFIR a vocation à disposer d’un champ d’intervention plus large, couvrant le financement des infrastructures routières, de la construction à la réhabilitation et à l’entretien. Dans cette nouvelle architecture, la mobilisation des ressources relève de la SONAFIR, tandis que l’AGEROUTE TOGO assure la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets.

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L’enjeu principal réside dans la capacité de la nouvelle société à trouver des ressources plus diversifiées et durables. Le modèle de financement de la SAFER reposait notamment sur les droits d’accise sur les produits pétroliers et les péages routiers. La réforme entend élargir les mécanismes de financement et développer de nouveaux partenariats.

Un déficit de financement qui donne la mesure du défi

Le changement de modèle intervient alors que les besoins du réseau routier restent importants. En 2024, les besoins d’entretien routier étaient estimés à 53,27 milliards de francs CFA, tandis que la SAFER prévoyait de mobiliser 23,5 milliards.

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Cet écart illustre l’un des défis auxquels la SONAFIR devra répondre : accroître les capacités de mobilisation des ressources afin d’accompagner non seulement l’entretien du réseau, mais aussi les projets de construction et de réhabilitation.

Les modalités financières précises permettant à la nouvelle structure d’élargir ses ressources restent toutefois à préciser. La capacité de la SONAFIR à concrétiser cette diversification constituera ainsi l’un des premiers indicateurs de la portée réelle de la réforme.

Naka Gnassingbé, du financement des PME à celui des infrastructures

Avant de prendre les commandes de la SONAFIR, Naka Gnassingbé de Souza dirigeait l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME/PMI (ANPGF), fonction qu’elle occupait depuis plusieurs années.

À l’ANPGF, son activité était centrée sur les mécanismes de financement et de garantie destinés aux petites et moyennes entreprises, ainsi que sur le développement de partenariats visant à faciliter leur accès au crédit. En 2018, elle avait également pris la présidence de l’Association professionnelle des institutions de garantie d’Afrique.

Son parcours la place donc dans le prolongement d’une trajectoire professionnelle consacrée aux questions de financement. Mais le changement d’échelle est significatif. À la SONAFIR, il ne s’agit plus principalement de faciliter l’accès au crédit des entreprises, mais de contribuer à mobiliser des ressources pour des infrastructures nécessitant des investissements importants et inscrits dans la durée.

Les premiers chantiers de la nouvelle direction

À court terme, la nouvelle directrice générale devra surtout contribuer à rendre opérationnel le modèle porté par la SONAFIR. Cela passe par la coordination avec le ministère chargé des Travaux publics, la diversification des sources de financement et la recherche de partenariats adaptés aux besoins du secteur.

La séparation entre financement et maîtrise d’ouvrage déléguée constitue également un élément central de cette nouvelle organisation. Elle doit permettre de distinguer clairement la mobilisation des ressources de la conduite des projets routiers.

La rencontre avec Sani Yaya marque ainsi les premiers pas de Naka Gnassingbé dans ce nouveau dispositif. Au-delà des prises de contact institutionnelles, les prochains mois permettront surtout de mesurer la capacité de la SONAFIR à transformer son mandat élargi en ressources effectivement mobilisées pour les routes togolaises.

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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.