L’Alliance nationale pour le changement (ANC) monte au créneau après les récentes alertes sur l’insécurité alimentaire dans la région des Savanes. Le parti de Jean-Pierre Fabre dénonce la gestion du gouvernement face à la menace de famine qui pèse sur plusieurs centaines de milliers de personnes dans la zone. Il accuse le pouvoir de privilégier les dépenses de prestige et l’organisation de sommets internationaux au détriment des besoins essentiels des populations.
Les nouveaux griefs de l’ANC contre le pouvoir de Lomé sont contenus dans un communiqué diffusé mardi. Le parti orange dit avoir appris avec une profonde consternation les informations relayées par Radio France Internationale à la suite d’une alerte du Programme alimentaire mondial (PAM). Selon cette organisation, plus de 330 000 Togolais pourraient être confrontés à une situation d’insécurité alimentaire aiguë dans les prochains mois si aucune assistance humanitaire urgente n’est déployée.
Des sommets de prestige
La région des Savanes, déjà fragilisée par les conséquences de l’extrémisme violent et par une pauvreté persistante, apparaît comme la zone la plus exposée. Face à cette perspective, le parti d’opposition reproche au gouvernement son manque d’anticipation et l’absence de mesures efficaces de prévention.
« Le gouvernement RPT/UNIR continue de consacrer des ressources considérables à l’organisation de sommets et d’événements de prestige dont les retombées sur l’amélioration du vécu quotidien des Togolais demeurent inexistantes ou marginales », critique le communiqué.
Pour l’ANC, cette situation est d’autant plus préoccupante que les populations des Savanes continuent de faire face à une forte précarité. Le parti s’interroge notamment sur l’utilisation des importantes ressources publiques annoncées depuis 2019 pour soutenir cette région et lutter contre les conséquences de l’insécurité.
Crise dans la région des savanes
L’opposition remet également en question l’efficacité des mécanismes censés garantir la sécurité alimentaire nationale. Elle demande des explications sur la politique de constitution de réserves alimentaires stratégiques qui devait permettre au pays de faire face aux périodes de crise. En parallèle, elle estime que la récente hausse des prix des produits pétroliers contribue à aggraver davantage les difficultés des ménages les plus vulnérables.
L’ANC affirme que cette crise alimentaire s’inscrit dans un contexte plus large de mauvaise gouvernance. Le parti dénonce « le silence » du gouvernement face à l’alerte du PAM et critique l’opacité entourant les contre-performances du Togo dans la mise en œuvre des réformes communautaires de l’UEMOA.
M. Fabre et son bureau national rappellent que le taux de pauvreté multidimensionnelle est de 92,3 % dans la région des Savanes selon des données onusiennes de 2025, un taux de pauvreté monétaire évalué à 47 % en 2024 ainsi que le classement du Togo au 127e rang mondial dans l’édition 2025 du World Happiness Report.
Ils appellent les autorités à publier une cartographie des zones à risque, à élaborer un plan national d’urgence alimentaire et à réorienter les ressources publiques vers « la lutte contre la pauvreté, le développement durable, la sécurité alimentaire et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp






