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RDC : Un médecin poursuivi pour avoir brutalisé une patiente

Vanessa DEKADJE (Stagiaire)
4 Min Read
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Le Tribunal de grande instance de Kinkole a repris, lundi 30 mars 2026, le procès en flagrant délit du docteur David Balanganayi. Ce médecin est au cœur d’un scandale national après la diffusion d’une vidéo virale dans laquelle il brutalisait une patiente après son accouchement.

David Balanganayi fait face à des chefs d’accusation particulièrement lourds. Il est notamment inculpé pour tortures, tentative de meurtre et coups et blessures volontaires. La video montre une femme en détresse subissant une suture sans aucune anesthésie, malgré ses cris de douleur. Sur les images, le médecin finit par frapper la patiente, agacé par ses réactions. 

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Pour ces faits, le docteur Balanganayi pourrait encourir une peine allant jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Une contrainte physique pour éviter le drame 

Pour sa défense, le médecin affirme avoir agi pour sauver la vie de la patiente, dont l’état aurait nécessité une intervention immédiate. Lors de sa comparution, David Balanganayi a fondu en larmes. Il affirmait avoir agi sous pression pour sauver la vie de la patiente. Selon lui, l’absence d’anesthésiste dans l’établissement et le manque de coopération de la victime l’auraient poussé à exercer une « contrainte physique » pour éviter un drame.

Le praticien a soutenu devant les juges que sa priorité était d’éviter un décès. «Après un cas de décès maternel deux semaines plus tôt, je me suis dit cette fois que je devais tout faire pour lui sauver la vie ! », a-t-il affirmé devant la cour.

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Son avocat, Maître Joël Cadet, plaide l’acquittement. Il invoque la précarité des conditions de travail dans les hôpitaux congolais. Selon lui, condamner son client reviendrait à fragiliser un personnel médical déjà sous pression. David Balanganayi affirme avoir filmé la scène pour se protéger en cas de complication médicale.

Le gestionnaire de l’hôpital a également apporté son soutien au prévenu lors de sa déposition. Il a affirmé que la patiente n’avait plus que deux heures à vivre au moment des faits. Ce qui justifierai ainsi l’intervention du médecin par un « état de nécessité ». Cette version est toutefois contestée par l’avocate de la victime.  « En deux heures, une vie peut être sauvée autrement que par l’administration de coups sur une personne dans un état de vulnérabilité psychologique avéré ! », a lancé l’avocate.

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Suspension de trois mois pour le médecin

La famille de la victime décrit de son côté, une jeune femme docile et vulnérable. Pour la partie civile, l’enjeu est désormais celui de la réparation. Grâce à ses avocats, celle-ci espère en effet pouvoir faire en sorte d’engager la responsabilité de l’État, employeur du praticien.

Le Conseil national de l’ordre des médecins a pris des mesures conservatoires. Malgré la demande du gouvernement de radier définitivement le praticien, le Conseil national de l’ordre des médecins s’est limité à une suspension de trois mois. Il attend alors l’issue définitive du procès.

Ce drame force les autorités compétentes à envisager un renforcement des contrôles au sein des établissements sanitaires. L’objectif est de garantir le respect de la dignité humaine, même dans les conditions de travail les plus précaires. La prochaine audience, prévue ce mercredi, verra la comparution de l’État congolais et de la victime pour clore ce procès. 

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