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Asile, visas, expulsions : l’Union européenne sur les traces de Trump

Louis KAMAKO
4 Min Read

L’étau se resserre autour des Africains qui aspirent à vivre l’eldorado en occident. Après Donald Trump qui a gelé le traitement des visas d’immigration permanente pour 26 pays africains dans le cadre d’une politique migratoire plus sévère, c’est au tour de l’Union européenne d’adopter un train de mesures visant à durcir le cadre de l’immigration et de l’asile au sein du bloc. Ces décisions politiques, prises simultanément de part et d’autre de l’Atlantique sont synonymes d’une répression de l’immigration irrégulière à l’échelle globale  

Le Parlement européen a approuvé le 10 février 2026 un ensemble de modifications profondes du système d’asile de l’Union. Ces réformes, soutenues par des forces politiques de centre-droit et de droite plus affirmée, prévoient d’accélérer les procédures d’examen des demandes d’asile, de simplifier les expulsions des demandeurs déboutés, et d’élargir le recours à des listes de pays dits « sûrs » vers lesquels les personnes peuvent être renvoyées, même sans lien préalable avec ces États.  

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Création de « centres de retour » et accélération des expulsions

L’un des aspects les plus controversés de ce paquet législatif est la possibilité de classer des nations comme l’Égypte ou la Tunisie sur une liste de pays considérés comme sûrs pour les renvois, malgré des inquiétudes persistantes sur la situation des droits humains dans ces zones. Cette démarche s’inscrit dans le Pacte européen sur la migration et l’asile, un cadre législatif global que l’UE cherche à mettre en œuvre pour contrôler plus efficacement les flux migratoires.  

Les nouvelles règles ouvrent également la voie à la création de centres de retour dans des pays tiers avec lesquels des accords bilatéraux ont été conclus, une mesure inspirée par des exemples nationaux comme les installations déjà envisagées par l’Italie avec l’Albanie. Ces centres permettront, selon les partisans du texte, de traiter et de renvoyer rapidement les personnes dont les demandes ont été rejetées.  

Les partisans de ces politiques affirment qu’elles sont nécessaires pour lutter contre les réseaux de passeurs et pour mettre fin aux procédures d’asile interminables qui pèsent sur les systèmes nationaux en Europe. Ils soutiennent qu’un mécanisme plus rapide et plus strict dissuadera aussi les arrivées irrégulières.  

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Les défenseurs des droits humains critique l’Union européenne

Mais ces avancées législatives ne sont pas sans susciter de vives critiques. Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, alertent sur le fait que ces mesures peuvent saper les protections fondamentales accordées aux demandeurs d’asile en vertu du droit international, y compris l’interdiction de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la persécution.

Elles soulignent également que certaines propositions avancées comme la détention prolongée, l’augmentation de la surveillance et de sanctions strictes pour les personnes sous ordre d’expulsion pourraient mener à des violations des droits humains.

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Des voix au sein même du Parlement européen mettent en garde contre une Europe qui risque de « perdre son âme » en durcissant ainsi ses règles d’asile, en particulier au moment où le monde affronte des crises humanitaires et des déplacements massifs de populations.  

Cette offensive de politiques migratoires restrictives en Europe s’inscrit dans un contexte international où les grandes puissances réforment leurs approches.

Aux États-Unis, l’administration de Donald Trump a décidé de suspendre, depuis le 21 janvier 2026, la délivrance des visas d’immigration permanente pour les ressortissants de 75 pays, dont 26 pays africains, dans l’objectif affiché de réduire les charges sociales et économiques supposées liées à l’immigration. 

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