À Aklobessikopé, quartier du village de Dévégo dans la commune de Golfe 6, l’atmosphère est lourde suite à l’arrestation de trafiquants de restes humains. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs persistantes de profanation des tombes circulaient dans la localité, alimentant l’inquiétude des familles et la colère des autorités traditionnelles. Jusqu’au jour où les soupçons se sont transformés en certitudes, déclenchant une opération conjointe entre la police et le chef du quartier, Togbui Chares Aklobessi-Edoh.
C’est ce dernier qui, alerté par des habitants, a décidé de mener sa propre enquête. « J’ai été informé de la situation et j’ai voulu comprendre ce qui se passait réellement », confie-t-il à Togo Actualités Web TV. Discrètement, le chef traditionnel rassemble des informations, identifie des suspects, puis les convoque sous prétexte d’une rencontre ordinaire. Face à ses questions insistantes, les langues finissent par se délier.
Les individus reconnaissent leur implication dans un trafic de restes humains. Leur mode opératoire est glaçant : profaner des tombes fraîchement creusées, extraire des crânes, puis les dissimuler sous un tank en attendant un acheteur. « Ils m’ont indiqué l’endroit où ils stockaient les restes humains et ont accepté de nous y conduire », relate Togbui Chares Aklobessi-Edoh.
Alertée, la police intervient. Escortée par le chef et les suspects, la délégation se rend sur le site. Sous le réservoir, la macabre découverte confirme les aveux. Des restes humains dont des crânes, soigneusement dissimulés, prêts à être écoulés sur un marché clandestin dont les ramifications restent à élucider.
« Ce n’est pas une histoire inventée. Les faits sont là », insiste le chef traditionnel. Les suspects sont aussitôt remis aux forces de l’ordre, qui ouvrent une procédure judiciaire. Les restes humains seront réinhumés, dans le respect des rites, afin de rendre un minimum de dignité aux défunts profanés.
Dans le village, l’émotion est vive. La profanation des tombes touche à l’un des tabous les plus profonds de la société togolaise, où le respect des morts est un pilier culturel. Au-delà de l’indignation, l’affaire pose la question d’un trafic plus large, souvent lié à des pratiques occultes ou à des réseaux criminels difficilement traçables.
Togbui Chares Aklobessi-Edoh appelle désormais à la vigilance collective. « Ces actes cherchent à troubler la quiétude de notre communauté. Chacun doit être attentif et signaler tout comportement suspect », lance-t-il. À Dévégo, la peur n’a pas disparu, mais la mobilisation des autorités traditionnelles et des forces de sécurité a permis, au moins pour un temps, de mettre un coup d’arrêt à un commerce aussi sordide qu’inquiétant.
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