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Traite humaine : la mésaventure du togolais Meale Yaoili et de 13 autres victimes au Nigéria

Pélagie ASSAGBAVI
5 Min Read

La police de l’État d’Ondo, au sud-ouest du Nigeria, a porté un coup dur à des réseaux présumés de traite humaine et de criminalité transfrontalière. Au cours de deux opérations distinctes menées en janvier 2026, les forces de l’ordre ont arrêté plusieurs suspects et secouru au total 14 victimes, dont des ressortissants étrangers, selon un communiqué officiel rendu public samedi à Akure.

L’information a été confirmée par le porte-parole du commandement de police de l’État d’Ondo, le commissaire adjoint de police Abayomi Jimoh, qui a salué le succès de ces interventions, inscrites dans une stratégie globale de lutte contre la traite humaine, l’immigration illégale et les fraudes connexes.

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La première affaire a été révélée le 22 janvier, lorsqu’un ressortissant togolais, Meale Yaoili, s’est présenté au poste de police de Yaba pour signaler qu’il venait de s’échapper d’un réseau de trafiquants opérant au Nigeria. Selon son témoignage, il aurait été attiré depuis le Togo sous le prétexte fallacieux d’une opportunité d’emploi au Canada.

D’après les déclarations de la police, la victime aurait été convaincue par un certain Tchodia Potolaw Fidel, actuellement en fuite, qu’il n’existait pas d’ambassade du Canada au Togo, et que le Nigeria constituait une étape obligatoire pour la procédure. À son arrivée, Meale Yaoili aurait été dépouillé de ses effets personnels, retenu contre son gré et contraint de verser la somme de 800 000 francs CFA.

Grâce à une intervention rapide et coordonnée, les agents du commandement ont procédé à l’arrestation de six suspects, identifiés comme Cleude Grao, Samuel Dsiwa, Michael Amissa, Olayiwola Kazeem, Akinnubi Adebayo et Oluwole Vincent, propriétaire du bâtiment où se déroulait l’activité illégale. Trois autres victimes ont également été secourues lors de cette opération.

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Traite humaine en vogue

Dans une seconde affaire, la police a démantelé un réseau criminel transfrontalier impliqué dans la traite humaine et l’exploitation de migrants. Le dossier, initialement signalé comme un cas de banditisme présumé le 23 janvier par un chef communautaire d’Oba-Ile, a été transféré au Département d’enquête criminelle de l’État (SCID) pour des investigations approfondies.

Les premières enquêtes ont permis d’établir que les personnes interpellées n’étaient pas des bandits, mais des immigrants illégaux originaires du Tchad, hébergés dans un duplex à Akure. Les investigations ont ensuite révélé que le principal suspect, Umaru Baba, serait au cœur d’activités criminelles transfrontalières, notamment le recrutement frauduleux, la traite humaine et des formes d’esclavage moderne.

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Selon la police, le suspect se présentait comme représentant d’une entreprise spécialisée dans la commercialisation en ligne de divers produits. Par ce biais, il aurait attiré et recruté onze hommes et une femme, sous prétexte de leur offrir un emploi de vendeurs à la commission.

Les victimes ont été identifiées comme Husein Abdullahi (26 ans), Hassan Yaya (23 ans), Umaru Samida (19 ans), Umaru Buba (24 ans), Mohammed Almat (24 ans), Saleh Abduraman (23 ans), Musa Mohammed (22 ans), Mohammed Watala (20 ans), Ali Mohammad (26 ans), Hassan Hussein (24 ans) et Yusuf Yakubu (23 ans). Tous se sont révélés être des ressortissants tchadiens introduits illégalement au Nigeria via la frontière camerounaise.

Les suspects des deux affaires sont actuellement en garde à vue et coopèrent avec les enquêteurs. Les ressortissants étrangers secourus sont quant à eux traités comme victimes de traite humaine et devraient être remis à leurs ambassades respectives pour les démarches diplomatiques et leur rapatriement.

La police a également annoncé être à la recherche de la propriétaire du duplex, une résidente d’Ibadan, soupçonnée de négligence pour avoir permis que son bien immobilier serve à des activités criminelles.

Le commissaire de police de l’État d’Ondo a profité de l’occasion pour mettre en garde les propriétaires et bailleurs, les exhortant à effectuer des vérifications rigoureuses sur leurs locataires. Il a rappelé que toute négligence pourrait entraîner des poursuites judiciaires.

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