Anid

Togo : Marguerite Gnakadé, l’ex-ministre des Armées arrêtée

Didier ASSOGBA
3 Min Read
Marguerite Gnakadé

Le calme habituel de Tokoin Solidarité, quartier populaire de Lomé, a été rompu à l’aube par une scène digne d’un film d’action. Plusieurs véhicules militaires, à bord desquels prenaient place des hommes cagoulés, ont encerclé la résidence de Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées en rupture ouverte avec le régime de Faure Gnassingbé. Elle serait accusée de tentative de coup d’Etat.

Marguerite Gnakadé, une voix dissidente

Selon des riverains, le portail aurait été défoncé avant que les militaires ne pénètrent dans le domicile et n’en ressortent plus tard avec l’ancienne ministre. Destination : inconnue. Mais tout porte à croire que l’ancienne ministre des armées serait emmenée au Service central des recherches et investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie nationale.

- Advertisement -

Figure singulière du paysage politique togolais, Marguerite Gnakadé avait ces derniers mois multiplié les prises de position publiques contre le président du conseil (des ministres), qu’elle accuse de « bilan catastrophique » après deux décennies de pouvoir sans partage. Le 30 août, elle avait même rejoint dans la rue les rangs du M66, un mouvement d’activistes et de blogueurs de la diaspora, qui appelait à manifester contre la Ve République et pour un retour à la Constitution de 1992.

Un geste retentissant dans un pays où les défections de premier plan, encore plus dans le cercle rapproché du président, se soldent rarement sans conséquence.

Des soupçons de complot

Officiellement, aucun motif n’a encore été communiqué quant à l’arrestation de l’ex-ministre. Mais, selon des sources proches du pouvoir, les autorités suspecteraient bien plus qu’une simple dissidence politique. La manifestation du 30 août aurait, d’après ces sources, servi de paravent à un projet plus vaste impliquant des mercenaires étrangers et des financements venus d’Europe, destinés à amplifier la contestation et à fragiliser le régime.

- Advertisement -

Des caches d’armes auraient également été découvertes dans la capitale, renforçant la thèse d’un complot contre l’État. Dans ce climat, le nom de Marguérite Gnakadé est désormais associé à une possible tentative de déstabilisation.

Son arrestation rappelle celles d’autres figures jadis puissantes du sérail présidentiel : Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du président du conseil et ancien ministre de la Défense, condamné pour complot en 2011, ou encore le général Félix Kadanga, ex-chef d’État-major limogé en 2020. Tous deux avaient fini par tomber sous le poids de la suspicion présidentielle.

- Advertisement -

Vingt ans après son accession au pouvoir, Faure Gnassingbé continue de se méfier de ses proches, dans une logique où les menaces – réelles ou supposées – se mêlent aux rivalités internes.

Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp

Share This Article