L’économie togolaise confirme son retour durable à la stabilité des prix avec une faible inflation. Selon les dernières données publiées à Lomé par l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), le Togo a non seulement respecté en 2025 le critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine relatif à une inflation inférieure à 3 %. De même, la tendance baissière s’est poursuivi en janvier 2026.
Après plusieurs années marquées par les effets conjugués de la pandémie de Covid-19 et des tensions sur les marchés internationaux, l’indice des prix à la consommation semble désormais solidement maîtrisé. Le taux d’inflation s’est établi à 0,4 % en 2025, contre 2,9 % en 2024, 5,3 % en 2023 et 7,6 % en 2022. En janvier 2026, il est même descendu à 0,2 %, confirmant une dynamique de désinflation amorcée depuis décembre 2024.
Pour Akoly Gentry, directeur général de l’INSEED, cette évolution est le fruit d’« efforts soutenus déployés au cours des trois dernières années pour stabiliser les prix et renforcer le cadre macroéconomique ». Le respect du critère de convergence sur deux exercices consécutifs constitue en effet un signal fort pour les autorités régionales, dans un espace UEMOA où la discipline budgétaire et monétaire demeure un enjeu central.
L’inflation est l’un des indicateurs de premier rang de la surveillance multilatérale. Son maintien en dessous de 3 % vise à éviter l’érosion de la valeur de la monnaie et la flambée des prix, tout en protégeant le pouvoir d’achat des ménages. Au Togo, cette stabilité est perçue comme un marqueur de crédibilité économique, notamment vis-à-vis des investisseurs et des partenaires financiers.
Les produits vivriers en première ligne de la baisse de l’inflation
Dans le détail, la baisse des prix est largement tirée par les produits agricoles et alimentaires. En moyenne annuelle, plusieurs denrées de base ont enregistré des reculs spectaculaires : citrons (-28,8 %), mangues greffées (-27 %), sorgho (-26,5 %), haricots verts (-26 %), tomates locales (-23,4 %) ou encore maïs blanc (-19,7 %). Les produits carnés et halieutiques ne sont pas en reste, avec des baisses notables sur la viande de porc, le poulet ou certains poissons transformés.
Ces évolutions traduisent à la fois une amélioration de l’offre agricole et l’impact des politiques publiques de soutien à la production vivrière. Le gouvernement met en avant un ensemble de mesures combinant subventions ciblées, stabilisation des prix des biens de grande consommation, allègements fiscaux et soutien direct aux ménages les plus vulnérables.
Si la tendance est clairement favorable, les autorités statistiques soulignent toutefois que certaines pressions saisonnières subsistent. Entre novembre et décembre 2025, puis entre décembre 2025 et janvier 2026, la baisse de l’inflation a été partiellement atténuée par la hausse de la demande liée aux fêtes de fin d’année et par une contraction temporaire de l’offre de produits vivriers. Ce qui a provoqué un renchérissement ponctuel de 0,3 % puis de 0,6 % du niveau général des prix entre ces périodes.
Reste que, sur l’ensemble de la période post-Covid, le Togo apparaît aujourd’hui comme l’un des pays de l’UEMOA ayant le mieux contenu les tensions inflationnistes. Une performance qui conforte la trajectoire de stabilisation macroéconomique engagée par les autorités et renforce l’image d’une économie désormais plus résiliente face aux chocs externes.
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