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Togo : la DMP dans une ‘résistance républicaine’ pour 2026

Didier ASSOGBA
4 Min Read

Dans son message de fin d’année adressé aux Togolais, la DMP (Dynamique pour la majorité du peuple) dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance de Faure Gnassingbé Le regroupement se pose en pôle de résistance face au nouvel ordre institutionnel issu du changement constitutionnel de 2024. Dans un contexte politique qu’elle juge « verrouillé », la coalition d’opposition affirme avoir fait de l’année 2025 un temps de mobilisation, de sensibilisation et de refus assumé du basculement du pays dans la Ve République.

Pour la DMP, l’adoption de la nouvelle Constitution sans consultation populaire directe constitue un « déni de démocratie » et une rupture du contrat social. Le regroupement dénonce une concentration accrue du pouvoir, une instrumentalisation de la justice contre les opposants, les journalistes et les acteurs de la société civile, ainsi qu’un rétrécissement des libertés publiques. Autant de dérives qui, selon elle, fragilisent la cohésion nationale à un moment où le pays fait face à des défis sécuritaires régionaux majeurs.

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Sur le plan socio-économique, la DMP estime que le discours officiel mettant en avant des performances macroéconomiques masque une réalité plus sombre. Vie chère, érosion du pouvoir d’achat et creusement des inégalités domineraient le quotidien des ménages. « Le panier de la ménagère ne cesse de se vider », souligne la coalition, qui pointe un écart grandissant entre une minorité privilégiée et une majorité de plus en plus précarisée, y compris parmi les classes autrefois considérées comme relativement favorisées. Cette dégradation sociale serait, selon elle, un facteur aggravant d’insécurité et de tensions sociales.

La DMP, au-delà de la politique

Au-delà du constat critique, la DMP tente toutefois de se projeter. Pour 2026, elle propose ce qu’elle qualifie de « nouveau contrat social », centré sur une rupture économique profonde. La coalition plaide pour une économie « au service du citoyen et non d’une minorité », articulée autour de la souveraineté alimentaire, de la lutte contre la vie chère et d’une réforme fiscale à visée sociale. Elle prône notamment des subventions agricoles ciblées, la création de banques agricoles régionales, une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité et une revalorisation du salaire minimum indexée sur l’inflation réelle.

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La DMP insiste également sur la nécessité d’un audit citoyen de la dette publique et d’une transparence accrue dans la gestion des ressources extractives et des grandes régies financières de l’État. Objectif affiché : faire en sorte que les revenus nationaux bénéficient directement aux services sociaux de base, comme la santé, l’éducation et les infrastructures.

Autre axe mis en avant : l’économie de proximité. La coalition appelle à une décentralisation économique effective, avec des dotations spécifiques aux régions et aux communes afin de développer des industries locales de transformation et de soutenir le secteur informel. Elle évoque aussi la situation des populations vivant dans les zones minières, réclamant des indemnisations « justes et dignes » dans les projets de relocalisation.

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Enfin, la DMP lance un appel à l’unité des forces démocratiques et à un « renouveau patriotique » en 2026. Entre dénonciation d’un système jugé à bout de souffle et esquisse d’une alternative économique, la coalition cherche à s’affirmer comme une voix structurée de l’opposition, dans un paysage politique togolais profondément recomposé et toujours traversé par de fortes lignes de fracture.

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