La Commission de la CEDEAO rompt le silence face aux récents troubles sociaux ayant secoué plusieurs quartiers de Lomé. L’organisation sous-régionale appelle les acteurs togolais à privilégier la voie du dialogue pour préserver la paix sociale et la stabilité politique. Elle se déclare disponible à apporter sa contribution aux efforts de préservation de la paix sociale au Togo.
C’est un communiqué sobre, mais lourd de signification, que la Commission de la CEDEAO a publié le 30 juin depuis son siège à Abuja. L’institution régionale dit suivre « avec préoccupation » les manifestations qui se sont déroulées ces dernières semaines au Togo, notamment à Lomé, et qui ont entraîné des « conséquences humaines et matérielles regrettables ».
Des mots soigneusement choisis qui traduisent une inquiétude grandissante au sein de l’organisation sous-régionale face à un climat sociopolitique togolais à nouveau sous tension.
Entre rues en colère et institutions sur la défensive
Du 5 au 28 juin, plusieurs manifestations — non autorisées — ont éclaté dans différents quartiers de la capitale togolaise. Si les autorités ont rapidement dénoncé une tentative de déstabilisation pilotée depuis l’étranger, certains acteurs politiques et organisations de la société civile ont, eux, pointé un usage « disproportionné » de la force par les agents de sécurité, tandis que des vidéos et témoignages ont circulé sur les réseaux sociaux, nourrissant les controverses.
Dans ce contexte, la CEDEAO, souvent critiquée pour sa posture attentiste face aux tensions internes de ses États membres, se dit préoccupée par les conséquences de ces événements sur la cohésion nationale. Tout en évitant de prendre position, elle appelle les différentes parties à « la retenue » et à renouer avec « le dialogue », seul véritable outil de sortie de crise durable.
Une main tendue de la CEDEAO depuis Abuja
L’appel à l’apaisement de la CEDEAO s’inscrit dans une dynamique régionale où plusieurs pays membres — du Sahel au Golfe de Guinée — font face à des soubresauts politiques, sécuritaires ou sociaux. Dans le cas togolais, où les tensions se cristallisent autour de l’application de la nouvelle Constitution et de la désignation récente d’un président du Conseil dans le nouveau régime parlementaire, l’organisation régionale se veut à la fois observatrice et partenaire de stabilité.
« La Commission de la CEDEAO exprime sa compassion et reste disponible à apporter sa contribution aux efforts de préservation de la paix sociale en République Togolaise », peut-on lire dans le communiqué. Une manière de rappeler sa volonté de jouer un rôle de médiation si les conditions politiques le permettent.
Pendant ce temps, les élections municipales du 17 juillet 2025 approchent à grands pas. Et la question de la sécurité, de la liberté d’expression et du droit à manifester reste au cœur des débats.
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