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Putsch au Bénin : la justice émet plus de 10 mandats d’arrêt

Didier ASSOGBA
3 Min Read

Un mois après la tentative de putsch déjouée du 7 décembre 2025, le dossier continue de s’étoffer au Bénin. La justice béninoise a émis plus d’une dizaine de nouveaux mandats d’arrêt. Ce qui marque une accélération notable de la traque des suspects impliqués dans ce que les autorités qualifient de menace majeure contre la stabilité des institutions.

Ces nouveaux mandats viennent s’ajouter à la cinquantaine de personnes déjà placées sous mandat de dépôt depuis les événements de décembre. Officiers, sous-officiers, civils et intermédiaires présumés : l’ampleur des interpellations donne la mesure d’une affaire tentaculaire, que le pouvoir entend traiter avec la plus grande fermeté. Pour les autorités judiciaires, il s’agit autant d’identifier les exécutants que de remonter les chaînes de commandement et les soutiens politiques ou idéologiques supposés.

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Au cœur de l’enquête figure toujours le colonel Pascal Tigri, présenté comme le chef du groupe de mutins. Un mois après les faits, l’officier reste introuvable. Les autorités béninoises se gardent pour l’instant de toute communication sur son éventuel lieu de refuge, alimentant les spéculations sur une possible fuite à l’étranger ou sur l’existence de réseaux de protection.

Un putsch à la dimension internationale

L’affaire a également pris une dimension internationale. Dès les premières heures de l’enquête, des mandats d’arrêt internationaux ont été émis à l’encontre de Kemi Seba et de Sabi Korogoné. Les deux hommes sont poursuivis par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État », « incitation à la violence » et « incitation à la rébellion ». Des accusations lourdes, qui placent le dossier à la frontière entre sécurité intérieure, liberté d’expression et lutte contre les discours jugés subversifs.

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Dans un pays longtemps perçu comme l’un des modèles démocratiques de la sous-région, cette tentative de putsch avortée et la réponse judiciaire qu’elle suscite interrogent. D’un côté, le pouvoir revendique la nécessité de protéger l’ordre constitutionnel face à des menaces jugées existentielles ; de l’autre, certains observateurs s’inquiètent d’une judiciarisation extensive de la crise, dans un contexte régional marqué par la multiplication des coups d’État et par une crispation sécuritaire généralisée.

Jusqu’où remonteront les investigations et quels équilibres le Bénin saura-t-il préserver entre exigence de sécurité, respect des droits et stabilité politique durable ? Un mois après le 7 décembre, la justice béninoise semble en tout cas déterminée à ne laisser aucune zone d’ombre.

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