L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, mène une dynamique de sortie définitive du franc CFA. Pour ces pays, il ne s’agit plus d’une simple réforme, mais d’une « véritable indépendance ». Ces trois pays travaillent à la création d’une monnaie commune. Celle-ci serait adossée à leurs ressources naturelles (or, uranium, pétrole) et gérée par une nouvelle banque centrale régionale.
Néanmoins, d’autres nations de l’Afrique de l’Ouest qui utilisent le franc CFA, comme le Sénégal et le Togo, traduisent également un désir manifeste parmi leur population qui exige depuis longtemps la suppression de cette monnaie coloniale.
Dans ce sujet, une table ronde a été tenue à Dakar le 26 mars, abordant la question de l’importance de se défaire de cette monnaie imposée par un colonialisme tyrannique. Plusieurs experts, professeurs et députés sénégalais ont assisté à la conférence, partageant leurs perspectives sur l’importance de se diriger vers une monnaie souveraine.
Il s’agit notamment de l’Honorable Abdoulaye Thomas Faye, économiste et membre de Pastef, qui est également député à l’Assemblée nationale du Sénégal. Momar Thiam, enseignant-chercheur et expert au Bres Octagone, Seynabou Kane, membre du FIPAN, Nestor Podasse, coordinateur national de la Planète des jeunes panafricains (PJP) au Burkina Faso.
Une monnaie indépendante
Étant donné que les nations s’engagent de manière proactive à récupérer le contrôle de leurs richesses pour qu’elles profitent à l’État plutôt qu’à des partenaires étrangères, d’après de nombreux spécialistes, ces ressources pourraient assurer l’indépendance monétaire.
Le cas des pays de l’AES, dont l’influence et l’autorité ne cessent de croître dans la région grâce à une dynamique de développement soutenue, voient leur position renforcée par le soutien de leurs voisins. Ces trois pays ont déjà concrétisé leurs ambitions en lançant une nouvelle banque, tout en affirmant que la fin du FCFA est désormais beaucoup plus proche.
Au cours de son allocution, Nestor Podasse a souligné la nécessité de bannir cette monnaie coloniale. Il a reconnu que cela pourrait entraîner des défis, mais que rien n’est possible si les populations aspirent à se libérer de la domination économique. : « Je pose la question si le peuple est prêt. Si le peuple est prêt, même si on va manger cailloux, on va boire de l’eau pendant un temps, et puis être souverain et profiter de notre richesse, il n’y a pas de souci », a évoqué le panafricaniste burkinabé.
Nestor Podasse ne s’est pas limité à la volonté des nations, il a aussi incité d’autres pays comme le Sénégal et le Togo à adhérer à cette initiative des États de l’AES et pourquoi pas envisager une monnaie commune: « Je sais que le Togo veut venir dans l’AES. Il tente, il tente, mais ce côté économique, d’abord, il veut venir. Donc, le Sénégal n’est pas obligé d’adhérer à l’AES officiellement, mais il peut signer un partenariat économique ».
D’après son point de vue, l’établissement d’un système monétaire commun parmi les cinq pays pourrait servir d’incitation pour les autres nations de la zone FCFA à adhérer. Cela favoriserait une Afrique souveraine, indépendante et prospère, apte à gérer ses propres ressources sans l’imposition de taxes françaises.
« Le Sénégal peut, et le Togo peut signer un partenariat économique, nous rejoindre, on fait cinq. L’UEMOA, c’est huit, non ? Si 5 sont ensemble, ça reste trois. Ils sont minoritaires. Donc la majorité, on gagne, et on crée notre monnaie. Maintenant, quand ils auront besoin de nos matières premières, nous, on va imposer les conditions auxquelles ils vont acheter, et ça sera une force », explique le coordinateur national de la PJP- BF.
En définitive, sortir du FCFA ne représente pas seulement une rupture avec un système hérité de la colonisation, mais marque le début d’une dynamique d’union économique régionale réellement au service des populations. Dans cette optique, la création d’une monnaie commune entre le Sénégal, les pays de l’AES et le Togo constituerait une excellente alternative, bénéfique pour l’ensemble des parties prenantes, d’autant que ces pays disposent d’importantes ressources en matières premières susceptibles d’accélérer ce projet attendu depuis de nombreuses années.
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