La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) a tenu le 30 mars dernier la 95e session de son Conseil d’administration. A l’issue, l’institution a approuvé un volume global de 266,7 millions de dollars et 30 milliards de FCFA, destinés à soutenir une série de projets structurants dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest.
Cette nouvelle vague d’engagements traduit, selon son président, George Agyekum Donkor, une volonté affirmée d’accompagner les États membres dans des investissements à fort impact, alignés sur les Objectifs de développement durable (ODD). « En investissant dans les infrastructures, l’agro-industrie ou encore la transformation industrielle, nous consolidons les bases d’une croissance plus résiliente et inclusive », a-t-il souligné.
Des projets multisectoriels à fort effet d’entraînement
La diversité des projets financés illustre la stratégie de la BIDC, qui privilégie des interventions transversales, combinant développement économique, inclusion sociale et durabilité environnementale.
Au Nigeria, principal bénéficiaire de cette enveloppe, deux projets majeurs concentrent une part significative des financements. D’une part, 50 millions de dollars seront consacrés à la construction d’installations modernes de gestion des déchets à Lagos, avec pour objectif d’augmenter le taux de recyclage à 45 %, de produire 60 000 tonnes de compost par an et de générer plus de 5 000 emplois. D’autre part, un financement de 91,63 millions de dollars soutiendra le développement d’infrastructures routières dans l’État de Bauchi, visant à réduire les coûts logistiques et à désenclaver les zones agricoles.
À ces projets s’ajoute une contribution de 100 millions de dollars pour la réalisation de l’autoroute côtière Lagos–Calabar. Il s’agit d’un corridor stratégique appelé à renforcer la connectivité entre neuf États et à fluidifier les échanges commerciaux dans la sous-région.
Soutien ciblé aux économies locales
Dans le reste de l’espace CEDEAO, les financements se concentrent sur des leviers de transformation économique plus ciblés. Au Sénégal, une ligne de crédit de 20 milliards de FCFA accordée à la BNDE vise à renforcer le financement des PME, à soutenir les chaînes de valeur agricoles et à favoriser l’accès au logement.
Au Ghana, 15 millions de dollars seront mobilisés pour la construction d’une unité de production de papier-tissu, avec une capacité de 65 tonnes par jour, afin de réduire la dépendance aux importations et de stimuler l’industrialisation locale.
En Gambie, un financement de 10,04 millions de dollars soutiendra l’expansion de G-Farms Ltd., avec pour objectif d’accroître la production avicole et laitière et de renforcer la sécurité alimentaire.
Enfin, en Côte d’Ivoire, une ligne de crédit de 10 milliards de FCFA accordée à Afriland First Bank vise à soutenir les micro, petites et moyennes entreprises (MSME), à encourager les investissements productifs et à favoriser la création d’emplois.
Une stratégie régionale de transformation
Au-delà des montants engagés, ces décisions traduisent une orientation stratégique. En effet, il est question de renforcer l’intégration économique régionale en s’appuyant sur des projets structurants et complémentaires.
En combinant investissements dans les infrastructures lourdes, appui au secteur privé et soutien à l’agriculture, la BIDC cherche à créer des effets d’entraînement durables sur les économies locales. Une approche qui vise également à réduire la vulnérabilité des États face aux chocs externes, notamment dans un contexte marqué par les incertitudes économiques mondiales.
Avec cette nouvelle série d’approbations, la BIDC confirme son positionnement comme un acteur central du financement du développement dans la CEDEAO. L’institution apparaît comme un levier clé pour mobiliser des ressources et structurer des projets à forte valeur ajoutée.
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