Le CAR – Comité d’action pour le renouveau – entend faire de la lutte contre la vie chère un nouveau levier de mobilisation politique. À l’occasion de sa rentrée politique 2026-2027, organisée le 31 octobre à son siège à Lomé, le parti d’opposition a annoncé un grand meeting pour le 6 décembre prochain dans la capitale. Cette rencontre va permettre de porter les difficultés des populations sur la place publique, tout en relançant le débat sur la crise sociopolitique togolaise.
Sous le thème « Le réalisme politique pour une résolution durable de la crise au Togo », les responsables du CAR ont abordé les difficultés économiques et les blocages institutionnels du pays. La formation politique dénonce notamment la dégradation du pouvoir d’achat, qu’elle associe à plusieurs facteurs. Elle pointe la hausse des prix des produits pétroliers, les déguerpissements de commerçants et les coupures répétées d’électricité. Autant de situations qui, selon elle, fragilisent les ménages et compliquent les activités des acteurs économiques, notamment dans le secteur informel.
Le CAR contre les déguerpissements
Le parti critique particulièrement les opérations de déguerpissement menées contre certains commerçants. Il déplore l’absence de solutions de relogement et de mesures d’accompagnement adaptées. Les interruptions de courant constituent une autre source d’inquiétude. Le CAR estime que les difficultés de gestion de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) aggravent les contraintes auxquelles font face les familles et les entreprises.
Au-delà des préoccupations sociales, le parti remet sur la table la question de l’avenir institutionnel du Togo. Il s’appuie notamment sur la décision rendue le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO au sujet du changement constitutionnel. Le CAR invite les autorités à tenir compte du point 109 de cette décision, qui évoque une issue consensuelle à la situation. Pour la formation politique, cette disposition peut servir de point de départ à une nouvelle dynamique de dialogue.
Le parti mise sur le dialogue
Le parti revient également sur les différentes initiatives politiques qui n’ont pas permis de résoudre durablement les tensions. Il cite notamment l’Accord politique global de 2006, les discussions de 2015 sur la limitation des mandats présidentiels ainsi que les débats liés aux élections de 2020 et 2024. Selon son analyse, les divisions entre acteurs, les calculs politiques et le manque de compromis ont régulièrement compromis les possibilités d’avancées.
Pour sortir de cette impasse, le CAR défend une approche fondée sur le pragmatisme et le dialogue. Il propose notamment des assises nationales inclusives, la libération des détenus politiques, une amnistie générale et un accompagnement de la communauté internationale. L’objectif affiché est de parvenir à de nouvelles bases institutionnelles acceptées par les différentes composantes de la société.
Le meeting annoncé pour le 6 décembre devra ainsi donner une dimension populaire à ces revendications. Le CAR souhaite mobiliser au-delà de ses militants et permettre aux citoyens d’exprimer leurs préoccupations face à la hausse du coût de la vie. Entre contestation sociale et recherche d’un compromis politique, le parti entend faire de cette rentrée une étape importante de son action pour l’année 2026-2027.
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