Grâce aux chocolatiers de France, le cacao togolais à la conquête des marchés spécialisés

Vanessa DEKADJE (Stagiaire)
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Vanessa DEKADJE (Stagiaire)
Eyram Vanessa DEKADJE est étudiante en journalisme à l’ISICA (Université de Lomé), spécialisée dans le journalisme web et les médias numériques. Passionnée par l’actualité et le...
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Le Togo dispose d’un nouveau centre de fermentation du cacao. Inauguré mercredi 3 juin dernier, le Centre de traitement post-récolte de M’Poti est coordonnée par l’association PASSAÏ. Il vise à transformer les conditions de vie des producteurs locaux en sortant le cacao togolais du marché de masse pour en faire un produit d’exception.

Le projet de création du centre de fermentation est né d’un besoin exprimé par les producteurs de cacao togolais de Blitta. L’objectif est de maîtriser localement les étapes de la fermentation et du séchage du cacao. Cette démarche vise à garantir un niveau de pureté et de qualité gustative pour l’exportation. Avec pour conséquence directe, une meilleure commercialisation du cacao togolais. 

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« L’idée, c’est de faire en sorte qu’on passe d’un cacao conventionnel qui va être mélangé sur le marché mondial avec le cacao de la Côte d’Ivoire, du Ghana, etc., qui va donc perdre son âme, son caractère, son origine, à un cacao qu’on va essayer de valoriser comme si c’était de l’or, comme si c’était un grand vin », explique christophe Bertrand, secrétaire général de l’association Chocolatiers et Pâtissiers du Monde (CPDM) et vice-président de la Confédération des chocolatiers de France. 

À terme, l’ambition est de positionner les fèves de la localité de Blitta 3 sur une véritable carte d’identité gastronomique. « Faire en sorte que dans deux ans, on revienne ici avec une tablette de chocolat qui va être marquée « le cacao du centre de fermentation de M’Poti Blitta 3″», projette Christophe Bertrand.

Une meilleur rémunération les producteurs de cacao togolais

Le principal avantage de ce centre post-récolte est la suppression des intermédiaires commerciaux. Cette démarche permet de redistribuer la valeur ajoutée directement aux forces paysannes. Les artisans chocolatiers s’engagent ainsi sur un mécanisme de prix plancher particulièrement avantageux, déconnecté des fluctuations à la baisse du marché mondial.

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« On va pouvoir au moins payer deux fois plus cher le cacao, puisqu’on s’engage à le payer au minimum 1 400 FCFA au planteur, même s’il descend à 800 ou 650 FCFA sur le marché. Si jamais le cours monte au-dessus de 1 400 FCFA, on donnera toujours 100 à 200 FCFA de plus », détaille Christophe Bertrand. 

La coopérative locale percevra quant à elle entre 400 et 450 FCFA par kilogramme pour rémunérer le travail de collecte. Ce dernier est réparti entre environ 6 jours pour la fermentation, 10 jours de séchage et un tri minutieux des fèves.

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« On ne veut pas acheter le cacao des gens dont on sait que ça les rend malheureux. Il faut que le planteur ait envie de rester chez lui, il faut que les jeunes aient envie de redévelopper des cacaoyères », insiste le responsable de la CPDM.

Cap sur la formation et l’agriculture biologique

Cette démarche est aussi un moyen de redonner le courage aux cacaoculteurs   afin de pérenniser la filière face au vieillissement des exploitants.

L’inauguration du centre de m’poti ne marque que le début des activités. Une deuxième phase du projet est entièrement tournée vers le renforcement des compétences et la transition écologique. Elle intègrera des programmes d’accompagnement vers l’agriculture biologique et la formation des planteurs s à la cacao-culture. 

En collaboration avec Simon Bazanaga, un ingénieur agronome camerounais, l’association prépare une chaîne YouTube éducative. D’ici moins d’un an, 60 vidéos seront mises en ligne pour permettre aux planteurs connectés d’accéder instantanément à des solutions agronomiques simples et écologiques. Une initiative pensée  pour soigner leurs plantations et optimiser leurs récoltes.

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Eyram Vanessa DEKADJE est étudiante en journalisme à l’ISICA (Université de Lomé), spécialisée dans le journalisme web et les médias numériques. Passionnée par l’actualité et le fact-checking, elle collabore à la production de contenus sur la technologie, l’action publique et le développement, avec une approche axée sur l’information numérique accessible.