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Togo : Pour la cause des femmes, le sommet de l’État fait corps

Didier ASSOGBA
5 Min Read

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars 2026, les figures de proue de l’exécutif togolais et du parlement ont livré un plaidoyer unanime. L’objectif est de faire de l’égalité des genres non plus un simple vœu pieux, mais le véritable moteur du développement économique et social.

Au Togo, le 8 mars n’est plus seulement une journée de célébration de courtoisie, c’est devenu un baromètre de l’agenda politique national. Ce dimanche, à l’heure où le monde entier dresse le bilan des acquis et des défis liés aux droits des femmes, Lomé a choisi de faire entendre une voix résolument axée sur le pragmatisme et l’action institutionnelle. Du sommet de l’exécutif jusqu’aux instances de la Cedeao, le message est clair : l’avenir de la sous-région s’écrira au féminin, ou ne s’écrira pas.

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L’égalité, une exigence de développement

Pour Faure Gnassingbé, président du Conseil du Togo, cette journée est l’occasion de réaffirmer la trajectoire politique du pays sous la nouvelle Constitution. L’homme fort de Lomé l’assure : la marche du Togo vers une société « plus juste, fondée sur l’égalité et le respect des droits » est irréversible. « Face aux défis de notre temps, le gouvernement togolais reste pleinement mobilisé pour améliorer durablement la condition de la femme », a-t-il déclaré, insistant sur une équation politique devenue un mantra pour son administration : « Chaque progrès accompli pour les femmes est un progrès pour l’ensemble de la société. »

Une vision macro-économique et sociale largement partagée par Sandra Ablamba Johnson. La ministre Secrétaire générale de la Présidence du Conseil a tenu à rappeler que le débat sur le genre dépasse le simple cadre juridique. Dans un plaidoyer vibrant, elle a lié l’émancipation féminine à la résilience des États. « Quand chaque femme est respectée, éduquée et libre de contribuer pleinement, nos pays deviennent plus forts, plus justes, plus prospères. », a-t-elle indiqué. Et d’ajouter, comme pour tracer la feuille de route des années à venir : « Il n’y a pas de développement durable sans l’égalité des genres […]. Respectons-les, investissons en elles, et construisons ensemble l’avenir que nos filles et nos fils méritent. »

Un rayonnement au-delà des frontières togolaises

Cet élan national trouve un écho direct sur la scène sous-régionale, portée par une autre figure de la politique togolaise en la personne de Hadja Mémounatou Ibrahima. En tant que présidente du Parlement de la Cedeao, elle a inscrit cette célébration dans la droite ligne des directives des Nations Unies pour 2026, placées sous le triptyque « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », et de la campagne mondiale « Donner pour recevoir ».

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Pour celle qui est également 1ère vice-présidente de l’Assemblée nationale togolaise, l’heure n’est plus aux constats mais à l’investissement concret. Elle rappelle que dans un espace Cedeao souvent bousculé par des crises multiformes, les femmes « continuent de jouer un rôle essentiel dans la gouvernance, le développement économique, la consolidation de la paix et le leadership communautaire ». D’après Hadja Mémounatou Ibrahima, l’accès à l’éducation et la représentation adéquate des femmes dans les sphères décisionnelles sont les conditions sine qua non pour bâtir des sociétés « plus fortes et plus inclusives ».

Un combat inachevé pour la cause des femmes

Pourtant, malgré une volonté politique affichée et des avancées notables, le chemin reste semé d’embûches. Même si le Togo fait figure de bon élève dans la sous-région en matière de représentation féminine aux postes clés. Les pesanteurs socio-culturelles et les inégalités économiques peinent à être totalement éradiquées, particulièrement en zone rurale.

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C’est d’ailleurs le sens du message de lucidité porté par Myriam Dossou-d’Almeida. L’autre vice-présidente de l’Assemblée nationale togolaise a appelé à ne pas baisser la garde. Si les avancées méritent d’être saluées, le 8 mars doit avant tout demeurer « le rappel d’une exigence collective ». « Hommes et femmes, célébrons les progrès réalisés, et poursuivons avec détermination le combat pour que les droits de chaque femme et chaque fille soient pleinement respectés et garantis », a-t-elle exhorté.

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