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Togo : l’état d’urgence sécuritaire pour 12 mois encore dans les Savanes

Togo Breaking News
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L’Assemblée nationale du Togo a adopté à une large majorité le projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes pour une durée de douze mois, à compter du 13 mars 2026. Une décision qui s’inscrit dans la continuité d’un dispositif exceptionnel en vigueur depuis juin 2022, face à une menace terroriste persistante dans le nord du pays.

La séance plénière, présidée par Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale, s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, le ministre de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, et le ministre des Relations avec le Parlement, Gilbert Bawara.

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Décrété en juin 2022 dans la région des Savanes, frontalière du Burkina Faso, l’état d’urgence sécuritaire a déjà été prorogé à quatre reprises : en septembre 2022, avril 2023, mars 2024 et mars 2025. Ces reconductions successives ont permis, selon l’exécutif, de renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, de contenir les incursions armées et d’empêcher toute tentative d’implantation durable de groupes jihadistes.

La nouvelle prorogation est fondée sur l’article 20 de la Constitution du 6 mai 2024, qui encadre le recours à ce régime d’exception. Pour le gouvernement, la persistance de la menace dans la bande sahélienne justifie le maintien d’un dispositif juridique et sécuritaire renforcé.

Un débat parlementaire face à l’urgence sécuritaire

En commission comme en plénière, le texte a suscité des échanges nourris. Le groupe majoritaire Union pour la République (UNIR) a défendu une « réponse lucide » face à une menace qualifiée d’« évolutive et transnationale ». Depuis la première attaque enregistrée en mai 2022, le nord du Togo s’est imposé comme un nouveau front de la pression sécuritaire sahélienne vers le golfe de Guinée.

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Pour les députés de la majorité, la prorogation dépasse la seule dimension militaire. Elle revêt également une portée politique, diplomatique et économique. Selon eux, elle consolide la souveraineté nationale, sécurise les corridors commerciaux stratégiques et rassure les investisseurs dans un contexte régional marqué par l’instabilité.

« La lutte contre le terrorisme ne peut être uniquement militaire ; elle est aussi sociale, économique et morale », a souligné un représentant du groupe majoritaire.

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Au nom du gouvernement, le colonel Hodabalo Awaté a salué le vote des députés, y voyant « le choix de la prévoyance sur l’improvisation et de la protection sur le relâchement ». Il a assuré que les prérogatives exceptionnelles seront exercées « avec mesure, discipline et dans le strict respect de l’État de droit ».

Le ministre a réaffirmé l’engagement des autorités, sous le leadership de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil, à concilier efficacité opérationnelle et respect des droits fondamentaux.

Entre impératif sécuritaire et équilibre institutionnel

Pour le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, ce vote constitue « un acte majeur de prévoyance et de responsabilité nationale ». Il a insisté sur la nécessité de préserver l’intégrité territoriale tout en maintenant l’ancrage constitutionnel des mesures prises.

La prorogation de l’état d’urgence dans les Savanes s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de résilience nationale face aux menaces asymétriques qui affectent l’Afrique de l’Ouest. Alors que plusieurs pays du Sahel connaissent des recompositions politiques et sécuritaires profondes, Lomé privilégie la continuité institutionnelle et l’anticipation.

Reste que la durée prolongée de ce régime d’exception pose, en filigrane, la question de son articulation avec les libertés publiques et le développement local. Dans la région des Savanes, où les communautés demeurent en première ligne, l’enjeu est de contenir la menace tout en consolidant la confiance entre l’État et les populations.

À l’issue du vote, un appel à l’unité, à la discipline et à la solidarité a été lancé aux habitants du nord du pays. En effet, au-delà du cadre juridique, la bataille se joue aussi sur le terrain de la cohésion nationale.

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