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Togo : le budget 2027 passe à la loupe des députés

Didier ASSOGBA
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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
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Le projet de loi de finances rectificative 2026 et le budget 2027 sont actuellement passés au crible par les députés togolais. L’Assemblée nationale a ouvert, vendredi 6 novembre 2026, l’examen en commission. Les deux textes prévoient des ajustements dans les finances publiques, sur fond de contraintes économiques, sécuritaires et sociales. Pour 2027, le gouvernement propose un budget de 2 684,1 milliards de francs CFA, en baisse de 2,5 % par rapport à celui de l’exercice précédent.

Présidée par Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale, la séance d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, Essowè Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget, Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, ainsi que Yawa Djigbodi Tsègan, commissaire générale de l’Office togolais des recettes (OTR).

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Le budget 2026 légèrement révisé à la baisse

Premier texte soumis aux députés, le projet de loi de finances rectificative pour 2026 ramène le budget de l’État à 2 744,2 milliards de francs CFA, contre 2 751,5 milliards initialement prévus. La révision représente une diminution de 7,4 milliards de francs CFA.

Selon les explications du ministre des Finances et du Budget, cet ajustement résulte principalement d’une baisse de 9,3 milliards de francs CFA des comptes d’affectation spéciale, malgré des évolutions sur les autres composantes budgétaires.

Le gouvernement justifie cette révision par l’évolution de la conjoncture économique et la nécessité de concilier plusieurs impératifs : maintenir les investissements structurants, préserver le pouvoir d’achat des ménages et contenir les déséquilibres des finances publiques.

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Le budget 2027 baisse à 2 684 milliards FCFA

Pour l’exercice 2027, le projet de loi de finances présenté aux députés s’établit à 2 684,1 milliards de francs CFA, soit une contraction de 2,5 % par rapport au budget 2026. Cette baisse tient notamment à la diminution des charges de trésorerie. Dans le même temps, les dépenses budgétaires devraient progresser de 93 milliards de francs CFA.

Il s’agit du premier budget couvrant une année entière de mise en œuvre des orientations de la feuille de route gouvernementale 2026-2031.

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Dans sa présentation, Essowè Georges Barcola a insisté sur trois principes devant encadrer l’exécution budgétaire : la responsabilisation dans la gestion, l’efficacité de la dépense et la transparence dans la reddition des comptes.

Les prévisions économiques qui accompagnent le budget 2027 tablent sur une croissance de 6,5 % en 2027 et une inflation de 1,4 %. La répartition des ressources annoncée accorde 48,8 % aux secteurs sociaux, 24,4 % à la transformation économique et 22,8 % au renforcement de l’État, notamment à travers le développement territorial.

Les députés appelés à évaluer l’efficacité des dépenses

À l’ouverture des travaux, Komi Selom Klassou a replacé l’examen des deux textes dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des prix de l’énergie et des engrais, les risques sécuritaires et les effets du changement climatique. À ces contraintes s’ajoutent les attentes sociales auxquelles les politiques publiques doivent répondre.

Le président de l’Assemblée nationale a particulièrement insisté sur la nécessité de ne pas limiter le contrôle parlementaire à l’analyse des montants inscrits dans les différentes rubriques budgétaires. Il a invité les députés à examiner les résultats attendus et les retombées concrètes des dépenses sur les populations.

« Nous devons aborder cet examen dans un esprit de performance, c’est-à-dire ne pas seulement demander combien l’on dépense, mais ce que l’on obtient pour chaque franc dépensé », a-t-il déclaré.

Pour illustrer cet enjeu, il a rappelé que les crédits budgétaires concernent directement les conditions de vie des différentes catégories socioprofessionnelles, des agriculteurs aux enseignants, en passant par les personnels de santé, les jeunes entrepreneurs, les commerçants et les forces de défense et de sécurité.

Komi Selom Klassou a ainsi appelé les députés à faire preuve de rigueur dans l’étude des textes, à multiplier les auditions, à formuler des questions précises et à privilégier des échanges contradictoires. Il a également insisté sur la transmission des documents budgétaires dans des délais permettant un examen approfondi.

Un examen dans le cadre du bicamérisme

L’étude des projets de loi de finances intervient pour la deuxième fois sous la Ve République, dans le cadre institutionnel issu de la Constitution du 6 mai 2024. Avec l’instauration du bicamérisme, l’Assemblée nationale et le Sénat sont désormais appelés à examiner successivement les textes budgétaires, selon le principe d’égalité entre les deux chambres.

Les travaux en commission constituent une étape déterminante avant l’examen en séance plénière. Ils permettront aux députés de questionner les choix du gouvernement, d’évaluer les allocations de ressources et d’apprécier la cohérence des prévisions avec les priorités économiques et sociales affichées.

Au-delà des équilibres financiers, l’enjeu sera surtout de déterminer dans quelle mesure les crédits prévus pour 2027 pourront se traduire en investissements, en services publics et en améliorations concrètes des conditions de vie des Togolais.

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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.