Le Togo affiche l’un des taux d’inclusion financière les plus élevés de l’espace UEMOA, dépassant les 89 %. Une progression possible grâce à un secteur de la microfinance dynamique mobilisant femmes et jeunes. Elle n’est plus un simple outil, mais un véritable levier de croissance pour l’Etat.
Les systèmes financiers décentralisés représentent un point d’accès majeur aux services financiers dans les zones reculées à faible pouvoir d’achat. Ils comblent la faible présence des banques dans les zones rurales et soutiennent l’activité économique locale. La présence des agences de microfinance dans les localités, démystifie les procédures longues et complexes des banques. Ce qui garantit une souplesse des services aux populations.
Ces institutions se positionnent un peu partout sur l’ensemble du territoire national. Elles offrent des services d’épargne, de crédit et d’accompagnement financier destinés aux ménages, artisans et micro-entrepreneurs. Le secteur est dynamique. En fin décembre 2025, il comptait 4,6 millions de bénéficiaires regroupés en 495 579 groupements. Avec un encours de dépôts de 447,5 milliards FCFA et un encours de crédits de 352,1 milliards FCFA, la microfinance consolide sa position comme facteur majeur qui stimule l’économie nationale.
Sur le plan national, le marché est largement dominé par la Faîtière des unités coopératives d’épargne et de crédit du Togo (Fucec-Togo). Elle concentrait à elle seule 46 % des actifs cumulés en 2024. Elle devance d’autres structures de référence telles que Coopec AD, Comec, Wages ou encore Ceca.
Un levier pour l’autonomisation des femmes et des jeunes
L’Etat togolais mise sur le financement et le développement des activités génératrices de revenu. Le financement de ces activités repose sur plusieurs actions structurantes avec l’appui des partenaires internationaux.
Les fonds de la Banque islamique de développement par exemple, appuient ses initiatives. Ils servent principalement à soutenir le développement rural tout en renforçant la sécurité alimentaire et augmenter la productivité agricole. Ils financent également des projets de développement socio-économique dans les pays membres. Les fonds du FIDA (Fonds international de développement agricole ), quant à eux, soutiennent la productivité et l’accès aux marchés. Ils aident les petits exploitants à transformer leur agriculture en entreprises rentables.
Plusieurs projets nationaux viennent renforcer l’arsenal mis en place par le gouvernement. Le Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique en Afrique subsaharienne plus (SWEDD+) vient confirmer cette dynamique. Lancé en 2023, il vise plus de 105 000 filles et jeunes femmes togolaises bénéficiaires directes, par le biais d’interventions au niveau communautaire. Un accent particulier est mis sur l’autonomisation économique des femmes, prouvant cet élan.
L’inclusion financière des jeunes et des femmes est propulsée par le Fonds national de la finance inclusive (FNFI) qui a déjà offert 72% de ses crédits aux femmes. Les projets comme le PAEIJ-SP (Projet d’appui à l’employabilité et à l’insertion des jeunes dans les secteurs porteurs) est une initiative cofinancée par la Bad visant à promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes âgés de 18 à 45 ans dans les filières agricoles.
Les personnes vulnérables ne sont pas en reste puisque l’État met en place des systèmes favorisant leur pleine insertion. Avec les projets comme le PAIFFV (Projet d’appui à l’inclusion financière des femmes vulnérables), les autorités entendent mobiliser l’ensemble de la couche sociale pour un développement plus inclusif.
L’accompagnement de la microfinance au-delà du simple crédit
La microfinance n’est pas que l’argent. Elle repose en réalité sur l’éducation financière afin de renforcer l’inclusion financière, particulièrement pour les jeunes, les femmes et le secteur informel. Elle vise à améliorer la gestion de l’argent, de l’épargne et l’accès au crédit. Des actions sont déployées pour le rendre possible. Ainsi, des initiatives comme la Semaine de l’éducation financière sont mises en place par les acteurs de la société civile afin de sensibiliser les jeunes à la gestion responsable.
Des jeux concours organisés par l’association EDUFIA (Éducation financière en Afrique) destinés aux étudiants visent à renforcer leur connaissances en matière de gestions durables des revenus.
Ce n’est pas tout, les systèmes financiers décentralisés jouent un grand rôle. Ils forment souvent leurs membres à la gestion de budget et à l’épargne. Ce qui apporte un changement a long terme. Au Togo, 72 institutions de microfinance (SFD) agréées par le ministère en charge des finances au début de l’année 2025 témoignent de cette viabilité.
Un secteur bien régulé
Au Togo, le secteur de la microfinance est régulé. l’APSFD-Togo régule la microfinance en fédérant ces 78 institutions membres. Elle assure leur conformité aux normes de l’UEMOA et renforce leurs capacités tout en défendant leurs intérêts. Ainsi, elle assainit le secteur en promouvant la transparence et la bonne gouvernance.
Le 10 mars 2026, l’assemblée nationale togolaise a adopté la loi portant réglementation de la microfinance au Togo. Cette réforme harmonise le cadre juridique national sur les standards de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le Togo confirme ainsi, sa volonté de se conformer aux standards internationaux en matière de finance.
La microfinance demeure une solution de proximité incontournable pour réduire la pauvreté. Elle favorise l’autonomisation des jeunes et des femmes. Le secteur stimule une inclusion financière forte, plaçant le Togo au premier rang dans la sous région.
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