Réunis à Dapaong du 14 au 19 octobre 2025 pour leur 140ᵉ session ordinaire, les évêques catholiques du Togo ont une nouvelle fois pris la parole sur la situation sociopolitique du pays. Dans un communiqué empreint de gravité, la Conférence des Évêques du Togo (CET) a exprimé sa préoccupation face au climat de méfiance et d’intimidation qui, selon elle, fragilise la cohésion nationale et compromet la paix sociale.
Les prélats, fidèles à leur rôle de veille morale, disent observer « un climat d’intimidation et de violence qui génère la peur et la méfiance ». Une situation qu’ils estiment incompatible avec les idéaux de justice, de liberté et de vérité qu’ils défendent depuis plusieurs années dans leurs prises de position publiques.
À l’heure où le pays poursuit la mise en œuvre de la réforme institutionnelle ayant consacré le passage à un régime parlementaire, les évêques invitent les dirigeants politiques, les institutions et la population à un sursaut collectif. Ils insistent sur la responsabilité de chacun dans la construction d’un Togo apaisé, plus juste et plus fraternel.
« Aucun développement véritable n’est possible sans le respect de la liberté, de la justice et de la vérité », rappellent-ils dans leur message, une formule qui résonne comme un écho à leurs précédents appels à la réconciliation nationale.
Un appel à la conscience nationale
Fidèles à leur habitude d’enraciner leurs exhortations dans la Parole de Dieu, les évêques se réfèrent cette fois au prophète Aggée :
« Rendez votre cœur attentif à vos chemins. Vous avez semé beaucoup mais récolté peu… Le salarié met son salaire dans une bourse trouée » (Aggée 1:5-7).
Ce passage biblique, utilisé comme une métaphore spirituelle, souligne selon eux la nécessité pour les Togolais de s’interroger collectivement sur les causes profondes de leurs difficultés : la gouvernance, la justice sociale et la recherche du bien commun.
Dans un contexte politique marqué par les débats autour du nouveau cadre institutionnel, les prélats invitent à un examen de conscience national, au dépassement des intérêts partisans et au retour à une éthique du service public. Leur message, à la fois spirituel et citoyen, s’inscrit dans la continuité de la doctrine sociale de l’Église, qui prône la primauté de la dignité humaine et de la responsabilité morale dans la gestion des affaires publiques.
L’Église, conscience morale du pays
Sans pointer directement le gouvernement, la Conférence des Évêques du Togo lance un avertissement voilé sur les dérives de la peur et de l’exclusion. Les évêques insistent sur la cohésion nationale, qu’ils considèrent comme une condition préalable à tout progrès durable.
Ce message intervient dans un contexte de crispation sociale, marqué par des tensions politiques et des incertitudes liées aux prochaines échéances électorales locales et régionales. Dans ce climat, la voix de l’Église se veut celle de la modération et de l’espérance, mais aussi celle de la vérité.
La prière finale du communiqué résume cette posture : « Seigneur, jette ton regard de miséricorde sur notre pays le Togo dont tu connais mieux que quiconque les besoins. Inspire le meilleur à tes enfants pour la gloire de ton saint nom. »
Une supplique qui, au-delà des mots, traduit la volonté de l’Église catholique togolaise de demeurer un acteur de paix, de dialogue et de réconciliation dans un pays où la foi, la politique et le quotidien restent intimement liés.
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