Yas App

Togo : Aamron face à la justice, dossier renvoyé au 20 avril

Didier ASSOGBA
4 Min Read

L’affaire impliquant l’artiste togolais Narcisse Essowé Tchalla, plus connu sous le nom d’Aamron, continue de suivre son cours devant les juridictions togolaises. Mercredi, le musicien et activiste a comparu devant la chambre d’instruction de la Cour d’Appel de Lomé, dans le cadre d’une procédure portant notamment sur la restitution de son permis de conduire, placé sous scellés depuis plusieurs mois.

Le dossier remonte au 19 septembre 2025, date à laquelle l’artiste a été interpellé puis présenté à un juge d’instruction. Il est poursuivi pour « outrage à l’autorité » et « diffusion de fausses nouvelles ». À l’issue de son audition, il avait été placé sous contrôle judiciaire. Dans le cadre de cette procédure, plusieurs effets personnels avaient été saisis par la justice, notamment son passeport, ses téléphones et son permis de conduire.

- Advertisement -

La bataille juridique autour du permis de conduire

Cette affaire intervient quelques mois après un épisode qui avait déjà suscité l’attention de l’opinion. Le 21 juin 2025, Aamron avait été libéré de l’Hôpital psychiatrique de Zébé, où il avait été interné.

Devant la chambre d’instruction, les avocats de l’artiste ont plaidé pour la restitution du permis de conduire de leur client, estimant que cette mesure de saisie ne se justifiait plus. Mais le doyen des juges d’instruction avait auparavant rejeté cette requête, estimant que l’état d’avancement de la procédure ne permettait pas encore une telle décision.

Les conseils d’Aamron ont donc interjeté appel de cette ordonnance, ce qui a conduit à l’audience de mercredi. À la sortie de la séance, l’un de ses avocats, Me Célestin Agbogan, a livré sa lecture des échanges intervenus devant la juridiction. Selon lui, le ministère public aurait invoqué l’état mental de l’artiste pour justifier le maintien de la saisie de son permis.

- Advertisement -

« Le ministère public a soutenu que Aamron ne pouvait pas récupérer son permis de conduire compte tenu de son état mental », a expliqué l’avocat.

Un débat sur le suivi médical d’Aamron

D’après la défense, la position du magistrat instructeur reposerait également sur l’absence de preuve attestant que l’artiste a poursuivi les soins médicaux qui lui auraient été recommandés. Un argument que conteste Me Agbogan. L’avocat souligne que la décision de poursuivre ou non le traitement relevait du choix personnel de son client, tel qu’il avait été établi lors de sa sortie de l’hôpital psychiatrique.

- Advertisement -

Dans un commentaire teinté d’ironie, il a ajouté : « Malheureusement, on lui laisse sa voiture mais on retient son permis. Allez-y comprendre. »

À ce stade, les débats n’ont pas permis de trancher la question. La chambre d’instruction a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 20 avril afin de poursuivre les discussions.

En attendant, l’artiste reste soumis aux mesures de contrôle judiciaire décidées dans le cadre de la procédure. Cette affaire, qui mêle considérations judiciaires, questions de santé mentale et liberté d’expression, continue de tenir en haleine l’opinion.

Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails

TAGGED:
Share This Article