Plus d’une vingtaine de partis politiques d’opposition et d’organisation de la société civile indiquent ne pas reconnaître la nouvelle constitution que vient de promulguer le Chef de l’Etat. Réunis au sein du Front « Touche pas A Ma Constitution », ils ont appelé mercredi à une lutte citoyenne. Ils entendent œuvrer pour ouvrir les voies d’une transition politique.
Le Front est composé de ADDI, Les Démocrates, Parti des Togolais, CAR Transition, UDS-Togo, Santé du Peuple, la DMP – Dynamique pour la Majorité du Peuple (CDPA, DSA, Le NID, LA RACINE, MJS, FDP, GAMESSOU, BINDJEGUE BINDJE, LES ADMIS, ALCADES et personnalités), Coditogo et Mouvement Togo Souverain (Ensemble le Togo, Front Togo Souverain).
Face à la presse, les responsables de ces partis politiques et OSC ont soutenu que la nouvelle Constitution ne peut pas être le socle de la Nation togolaise. Elle ne peut pas fédérer tout le peuple. C’est plutôt un facteur de division qui fragilise l’unité nationale, au lieu de consolider la cohésion sociale.
La résistance des opposants
Pour ces opposants, la promulgation de la nouvelle Constitution ne met pas du tout un terme à la lutte menée par le peuple togolais et le front « Touche Pas A Ma Constitution ».
« Bien au contraire, nous ne reconnaissons pas cette loi imposée, nous la contestons et nous la refusons… Tout comme nous avons contesté les conditions calamiteuses d’organisation des élections législatives et régionales dont les résultats sont fabriqués par les officines du pouvoir », ont-ils déclaré avant d’ajouter « nous nous engageons dans une résistance farouche et déterminée, afin d’enterrer définitivement ce projet funeste qui dévalorise et qui déconsidère les Togolais ».
Le Front révèle que le seul objectif qu’il poursuit désormais est de mettre un terme au régime, afin d’ouvrir les voies d’une transition qui refondera les bases d’un nouveau contrat social.
Indignés, profondément révoltés, unis et déterminés, ils disent être prêts à sacrifier leur liberté pour la défense des droits et de la démocratie à laquelle aspirent les Togolais.
« Nous sommes déterminés à aller au bout. Nous pouvons aller en prison mais nous continuerons par défendre nos idéaux. La preuve, nous avons parmi nous Tchatckipi Ouro-Djikpa qui a déjà fait la prison à deux reprises, Paul Missiagbeto à trois fois mais ils n’ont jamais cessé de dénoncer ce pour quoi ils avaient été arrêtés », a affirmé Jean Kissi, membre de CAR Transition.
La nouvelle constitution en question
La nouvelle constitution que dénonce le Front bascule le Togo d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire avec un exécutif à 2 têtes. Elle donne l’essentiel des pouvoirs de l’exécutif à un Président du Conseil des ministres.
Ce dernier commandera l’armée et représentera le Togo à l’étranger. Il sera simplement le chef du parti politique qui détient la majorité des députés à l’Assemblée nationale. Ce chef du gouvernement est nommé par un décret présidentiel pour un mandat de 6 ans renouvelable autant de fois que son parti détient la majorité à l’hémicycle.
La constitution prévoit aussi un poste de président de la République. Il sera quant à lui élu par l’Assemblée nationale et le sénat réunis en congrès pour un mandat de 4 ans, renouvelable une seule fois.
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