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Togo/Industrialisation : Comment Faure Gnassingbé compte s’inspirer de l’expérience chinoise

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Faure Gnassingbé en Chine
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Après huit jours de déplacement en Chine, Faure Gnassingbé est de retour à Lomé. Au-delà du renforcement des échanges commerciaux, le dirigeant togolais compter embrayer sur l’industrialisation. Le Président du Conseil veut davantage s’appuyer sur les capacités industrielles et technologiques chinoises pour accélérer la transformation productive du Togo, développer la production locale et mieux positionner le pays sur les marchés régionaux.

Le déplacement intervient dans un contexte où les économies africaines cherchent à accroître leur participation aux chaînes de valeur mondiales. Pour le Togo, la coopération avec la Chine apparaît désormais comme un levier potentiel pour franchir une nouvelle étape : passer d’un rôle essentiellement logistique et commercial à une économie davantage tournée vers la production et la transformation.

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Le programme de la visite a conduit Faure Gnassingbé dans plusieurs pôles économiques chinois, notamment dans le Shaanxi, au Fujian, à Pékin et à Shenzhen. Agriculture, infrastructures, logistique, activités portuaires et innovation technologique ont figuré parmi les principaux domaines abordés.

De la plateforme logistique au pays producteur

L’enjeu pour Lomé est de transformer ses atouts logistiques en capacités industrielles. Le Port de Lomé et les connexions du pays avec l’hinterland ouest-africain constituent, de ce point de vue, des arguments pour attirer des entreprises susceptibles de produire au Togo tout en desservant plusieurs marchés de la région.

La volonté d’industrialisation marque une évolution dans le positionnement recherché par les autorités togolaises. L’objectif n’est plus seulement de faciliter le passage des marchandises, mais de créer les conditions permettant qu’une partie de la valeur soit produite sur le territoire national.

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La Chine dispose, dans ce domaine, d’un important savoir-faire industriel et technologique. Pour Lomé, l’enjeu est donc de parvenir à attirer des investissements chinois dans des activités de production, de transformation et de services industriels.

Les conditions d’une industrialisation

Plusieurs secteurs pourraient être concernés par cette stratégie. La transformation des ressources naturelles et l’agro-industrie apparaissent notamment comme des domaines où le développement d’unités locales pourrait permettre au Togo de mieux valoriser sa production avant son acheminement vers les marchés régionaux.

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L’enjeu concerne également le transfert de compétences et de technologies. Des investissements industriels peuvent contribuer à faire émerger des fournisseurs locaux, des services techniques spécialisés, des programmes de formation et de nouvelles compétences, à condition que les projets soient conçus autour de chaînes de valeur intégrant suffisamment les entreprises nationales.

L’innovation technologique constitue un autre axe de cette coopération. Le passage par Shenzhen, l’un des principaux pôles technologiques de la Chine, s’inscrit dans cette recherche de partenariats susceptibles d’accompagner la modernisation de l’économie togolaise.

Mais l’attractivité industrielle du Togo ne reposera pas uniquement sur les investissements chinois. Pour transformer les annonces en capacités productives, plusieurs conditions devront être réunies. Les industriels recherchent notamment une alimentation électrique fiable, des infrastructures adaptées, des coûts logistiques compétitifs, une main-d’œuvre qualifiée et un environnement réglementaire suffisamment prévisible.

La question énergétique sera ainsi déterminante. Une industrie capable de produire pour le marché régional nécessite une fourniture d’électricité stable et à un coût compatible avec les exigences de compétitivité. Les infrastructures de transport, les zones industrielles et les services associés devront également suivre.

Du miracle chinois aux réalités togolaises

La multiplication des annonces d’investissement ne suffira donc pas à mesurer l’impact de la coopération sino-togolaise. Le véritable indicateur sera la concrétisation des projets et leur capacité à générer durablement de la valeur sur le territoire. Pour Lomé, cela signifie notamment mesurer les emplois créés, la part des fournisseurs togolais dans les chaînes de production, les compétences transférées et la capacité des unités installées à exporter vers les marchés de la sous-région.

Cette approche rejoint l’ambition plus large du Togo de mieux tirer profit de sa position géographique. Le pays dispose d’une infrastructure portuaire et d’un accès privilégié à un marché ouest-africain important. Reste à transformer cet avantage logistique en avantage productif.

Qu’à cela ne tienne, il ne s’agit pas du premier déplacement de Faure Gnassingbé en Chine. Le dirigeant togolais, arrivé au pouvoir en 2005 est à son 7e voyage dans l’empire du milieu. Ce qui est désormais attendu de ce voyage par les populations est qu’il donne un coup d’accélération à l’industrialisation, à travers les investissements, les technologies, les infrastructures et les compétences.

Et la réussite de cette stratégie d’industrialisation dépendra moins du volume des engagements annoncés que de leur traduction en projets opérationnels. La question centrale sera de savoir si la coopération permettra effectivement au Togo de produire davantage, de transformer localement ses ressources, de créer des emplois qualifiés et de renforcer ses capacités d’exportation.

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