Les relations du Togo avec la Russie et la France étaient au cœur d’un entretien accordé par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, à France 24 en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York. Le chef de la diplomatie togolaise a notamment démenti la présence de mercenaires russes au Togo, tout en assurant que les relations entre Lomé et Paris restent bonnes malgré plusieurs épisodes récents.
« Nous n’avons pas de mercenaires russes »
Interrogé sur les relations entre Lomé et Moscou, notamment sur l’accord de coopération signé en 2025 et sur la présence alléguée au Togo de membres d’Africa Corps, présenté comme le successeur du groupe Wagner, Robert Dussey a catégoriquement rejeté cette hypothèse.
Le ministre a rappelé que la coopération entre le Togo et la Russie s’inscrit dans une histoire diplomatique plus ancienne. Selon lui, les accords de coopération entre le Togo et l’ex-Union soviétique remontent au 1er mai 1960.
« Nous avons une coopération à la fois politique, diplomatique et commerciale. Nous n’avons pas de mercenaires russes », a déclaré Robert Dussey.
Le chef de la diplomatie togolaise a toutefois reconnu la présence de personnels russes chargés de la formation des forces togolaises, en lien avec les équipements militaires acquis par le pays.
« Nous avons des formateurs, parce que lorsque vous achetez un hélicoptère français, américain, chinois ou russe, des formateurs viennent naturellement entraîner nos forces de défense et de sécurité, entraîner des pilotes », a-t-il expliqué.
Il établit ainsi une distinction entre la présence de formateurs militaires liés à l’utilisation d’équipements et celle de mercenaires, dont il nie la présence au Togo.
Le nord du Togo face à la menace terroriste
Robert Dussey a également été interrogé sur la situation sécuritaire dans le nord du pays, confronté depuis plusieurs années à la menace des groupes armés actifs dans la région sahélienne. Le ministre a évoqué les dispositions prises par les autorités togolaises en collaboration avec les forces armées burkinabè afin de contenir les attaques terroristes.
« Beaucoup de progrès ont été faits. L’extrême nord du Togo est beaucoup plus pacifique aujourd’hui qu’il y a quatre ans. Je vous le rassure », a-t-il affirmé.
Le chef de la diplomatie togolaise a par ailleurs défendu le rôle du Togo dans les efforts de médiation liés aux crises sahéliennes. Il a appelé à ne pas isoler les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans la lutte contre le terrorisme, particulièrement en Afrique de l’Ouest.
Lomé et Paris, Robert Dussey se veut rassurant
Sur le front français, Robert Dussey a été interrogé sur les interrogations suscitées par plusieurs épisodes récents entre Lomé et Paris.
Depuis juin 2025, les chaînes françaises RFI et France 24 sont suspendues au Togo. La Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HARC) avait justifié cette décision par des « manquements répétés, déjà signalés et formellement rappelés, en matière d’impartialité, de rigueur et de vérification des faits ».
En juillet 2026, deux réalisateurs français venus à Lomé pour le tournage du documentaire Les Routes de l’impossible avaient par ailleurs été interpellés et poursuivis pour « fausses déclarations ». Ils avaient été détenus avant d’être relâchés environ un mois plus tard.
Ces différents épisodes ont alimenté, chez certains observateurs, l’idée d’un refroidissement des relations entre Lomé et Paris.
Robert Dussey écarte toutefois cette lecture. « Les relations entre la France et le Togo n’ont jamais été difficiles, n’ont jamais été des relations où l’on n’arrive pas à se parler. Il n’y a absolument pas de problèmes entre le Togo et la France. Nos relations sont bonnes. Bien sûr, parfois, il peut y avoir des malentendus », a déclaré le ministre.
Les propos de Robert Dussey interviennent dans un contexte où le Togo revendique une politique de diversification de ses partenariats internationaux, tout en maintenant ses relations avec ses partenaires historiques.
Sur la Russie comme sur la France, le ministre met ainsi l’accent sur la continuité des relations diplomatiques et de coopération. Il rejette, d’une part, les allégations relatives à la présence de mercenaires russes au Togo et, d’autre part, l’idée d’une rupture ou d’une dégradation structurelle des relations entre Lomé et Paris.
Sur le volet sécuritaire, il insiste enfin sur la nécessité d’une coopération régionale plus large face à la menace terroriste, avec le Togo positionnant son rôle de médiation comme un levier de dialogue avec les différents acteurs de la région.
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