À Kpalimé, le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ont réuni, du 29 au 30 avril 2026, les acteurs privés des filières café et cacao. La rencontre porte sur l’adaptation aux changements climatiques. Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie du Togo visant à sécuriser ses chaînes de valeur agricoles face à des perturbations environnementales de plus en plus marquées.
Hausse des températures, irrégularité des précipitations, dégradation des sols spnt les signaux d’alerte qui se multiplient. Selon les projections issues des travaux de la FAO, plus de 50 % des zones actuellement propices au café et au cacao pourraient devenir inadaptées d’ici 2050, contraignant les cultures à migrer vers des altitudes plus élevées.
Les simulations, notamment à partir de l’outil PyAEZ, anticipent une baisse des rendements pouvant atteindre 20 % dans les scénarios climatiques les plus pessimistes à l’horizon 2070-2099. Une perspective qui menace directement la viabilité économique de ces filières, fortement dépendantes des conditions agroclimatiques.
Former pour transformer les filières Café et Cacao
Face à cette pression croissante, l’atelier organisé à Kpalimé vise à outiller les acteurs privés (producteurs, transformateurs, exportateurs) afin qu’ils puissent intégrer les enjeux climatiques dans leurs stratégies opérationnelles.
Au-delà de la transmission de connaissances, la démarche repose sur une approche participative. Elle comprend les échanges d’expériences, la co-construction de solutions, et la diffusion de bonnes pratiques. L’objectif est d’accélérer l’adoption de modèles de production plus résilients et alignés sur les standards internationaux.
La transition n’est pas uniquement dictée par le climat. Elle répond également à l’évolution des exigences des marchés, notamment avec le règlement européen sur la déforestation importée (RDUE), qui impose une traçabilité accrue et des pratiques durables.
Pour les acteurs togolais, l’enjeu est de préserver, d’une part,leur accès aux marchés internationaux et de renforcer leur compétitivité, d’autre part. Une équation complexe, qui nécessite des investissements techniques, organisationnels et humains.
Agroforesterie et innovations post-récolte
Dans ce contexte, la FAO encourage des solutions concrètes, à commencer par l’agroforesterie. Cette pratique permet d’ombrager les cultures, de maintenir l’humidité des sols et de diversifier les revenus des producteurs, tout en contribuant à la séquestration du carbone.
Parallèlement, l’accent est mis sur l’introduction de technologies post-récolte adaptées aux contraintes climatiques et sur le développement d’infrastructures résilientes, capables de limiter les pertes et d’améliorer la qualité des produits.
Pour Amecy Yao Adodo, représentant du secrétaire général du Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao, cette formation constitue « un volet essentiel des Plans de Développement des Filières Café et Cacao adoptés en octobre 2024 ». Une dynamique saluée également par Dr Djiwa Oyétoundé, qui souligne le rôle du leadership institutionnel dans la mobilisation des parties prenantes.
Au-delà de l’atelier, c’est toute la transformation des filières café et cacao togolaises qui est en jeu. Entre contraintes climatiques, exigences réglementaires et mutation des marchés, le secteur est appelé à se réinventer. Dans cette recomposition, la montée en compétences des acteurs privés apparaît comme un levier déterminant.
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