Mixx by Yas

Washington gèle tous les visas pour les togolais, le rêve américain s’envole

Didier ASSOGBA
4 Min Read

Les Togolais commençaient tout juste à digérer l’annonce d’un durcissement drastique des conditions d’obtention de visas américains, notamment des cautions pouvant atteindre 15 000 dollars exigées depuis début janvier. Mais une nouvelle mesure venue de Washington leur a administré une véritable douche froide. Mercredi 14 janvier, le porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a annoncé le gel « immédiat et indéfini » de toutes les demandes de visas pour les ressortissants de 75 pays, dont le Togo. La suspension entrera en vigueur le 21 janvier prochain.

Cette décision, qui touche l’ensemble des catégories de visas — touristiques (B1/B2), étudiants (F1), professionnels (H1B), médicaux ou familiaux —, s’inscrit dans une logique de restriction migratoire de plus en plus marquée sous l’administration Trump. Officiellement justifiée par des impératifs de « sécurité nationale » et de « contrôle des flux migratoires », elle frappe particulièrement fort en Afrique, où 26 pays sont concernés, parmi lesquels figurent des nations stratégiques comme le Nigeria, le Sénégal, le Ghana, la Côte d’Ivoire… et le Togo.

- Advertisement -

À Lomé, la consternation est palpable. Des centaines de familles togolaises, souvent endettées, voient leurs projets brutalement suspendus : études universitaires aux États-Unis, stages professionnels, visites familiales, ou même simples voyages touristiques. Les étudiants sont particulièrement touchés.

Suspension indéfinie de visas

La liste des pays concernés par ce gel total est révélatrice : elle couvre non seulement des États perçus comme instables ou en crise (Somalie, Soudan du Sud, Afghanistan), mais aussi des alliés régionaux ou des démocraties consolidées comme le Sénégal, le Ghana ou le Cap-Vert. En Amérique latine, le Brésil, la Colombie ou Haïti sont également visés ; en Asie, outre les habituels suspects (Iran, Syrie, Yémen), la Thaïlande ou le Liban figurent sur la liste. En Europe, la Russie, la Biélorussie, mais aussi l’Albanie, la Géorgie ou la Moldavie sont touchées.

- Advertisement -

Cette approche globale, loin de se limiter à des critères sécuritaires stricts, semble répondre à une logique plus large d’un repli migratoire systématique, doublé d’une volonté de dissuasion. Comme l’a déclaré Karoline Leavitt lors du point presse à la Maison Blanche : « Les États-Unis ne peuvent plus être la destination par défaut de tous ceux qui cherchent à fuir leurs responsabilités nationales. »

Pour le Togo, cette décision de suspension de visas semble être un revers. Depuis plusieurs années, Lomé multiplie les signaux d’ouverture en direction de Washington, notamment dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et de la gouvernance économique. Des efforts qui semblent balayés d’un revers de main.

- Advertisement -

En attendant, le rêve américain, longtemps nourri par des générations de Togolais, s’éloigne un peu plus, peut-être pour longtemps. Et dans les cafés de Nyékonakpoè ou les cybercafés de Sokodé, on murmure désormais : « Même avec l’argent, le visa n’existe plus. »

Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails

Share This Article