Mixx by Yas

Visas sous condition, Niamey impose la réciprocité aux Européens

Didier ASSOGBA
3 Min Read
Général Abdourahamane Tiani

Nouveau bras de fer diplomatique entre Niamey et l’Europe. Le gouvernement nigérien a annoncé que seules trois de ses ambassades à l’étranger seront désormais habilitées à délivrer des visas aux ressortissants de cinq pays européens : l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et le Royaume-Uni.

Dans une note officielle diffusée cette semaine, le ministère nigérien des Affaires étrangères précise que les représentations concernées sont celles de Genève (Suisse), Ankara (Turquie) et Moscou (Russie). Une dérogation demeure toutefois pour l’ambassade à Bruxelles, mais uniquement pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service.

- Advertisement -

Un principe de réciprocité assumé

À l’origine de cette décision, l’absence de réponse des chancelleries européennes installées à Niamey, sollicitées depuis plusieurs mois pour faciliter la délivrance de visas aux citoyens nigériens.

« Le principe de réciprocité doit être respecté », indique une source au sein du ministère, insistant sur le caractère ferme de la mesure. Les ambassades nigériennes sont invitées à appliquer la nouvelle directive « sans délai ».

- Advertisement -

Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé le président Mohamed Bazoum, les relations entre Niamey et plusieurs capitales européennes se sont considérablement dégradées. Le régime militaire du général Abdourahamane Tiani, qui reste dans une logique de rupture avec Paris, a tourné son regard vers Moscou et Ankara. Il entend désormais se faire respecter sur le terrain diplomatique.

En choisissant de restreindre les points d’accès consulaires pour certains Européens, Niamey envoie un signal d’une diplomatie de fermeté, qui entend rééquilibrer les rapports avec des partenaires jugés condescendants.

- Advertisement -

Une politique étrangère en recomposition

Au-delà du symbole, cette mesure complique concrètement l’obtention de visas pour les ressortissants européens concernés, contraints de se rendre dans l’une des trois chancelleries autorisées, parfois éloignées de leurs pays de résidence. Une stratégie qui traduit la volonté des nouvelles autorités nigériennes d’affirmer leur souveraineté, tout en réorganisant leurs priorités diplomatiques autour de nouveaux alliés.

Le Niger, désormais membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Mali et du Burkina Faso, poursuit ainsi sa rupture progressive avec l’ordre diplomatique traditionnel, privilégiant une ligne dure face aux chancelleries occidentales.

Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp

Share This Article