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Un agriculteur déterre le crâne de son défunt frère pour un talisman

Togo Breaking News
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Dans un fait divers qui choque la conscience publique, un agriculteur du nord du Bénin s’est rendu de son plein gré aux autorités policières pour avouer avoir exhumé le crâne de son frère décédé, dans le but de se procurer un talisman censé booster la production de ses ignames. Une affaire qui met une fois de plus en lumière les dérives des pratiques occultes dans certaines zones rurales du pays.

Les faits se sont déroulés à Yaoura, un village de l’arrondissement de Copargo, dans le département du Donga. L’homme, un cultivateur âgé d’une quarantaine d’années, a reconnu avoir déterré la dépouille de son frère aîné, inhumé depuis plusieurs mois, après avoir été conseillé par un soi-disant devin de l’arrondissement de Pabégou.

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Un agriculteur à la recherche de meilleures récoltes

Selon ses aveux, recueillis par les enquêteurs, l’agriculteur aurait consulté ce marabout en février 2025, en proie à des difficultés agricoles répétées. Le devin lui aurait alors prescrit un rituel occulte exigeant un crâne humain, présenté comme une condition indispensable à l’efficacité d’un gris-gris destiné à assurer une récolte abondante d’ignames.

Résolu à sauver sa saison agricole, il aurait, de nuit, profané la tombe de son frère, récupéré le crâne humain et l’aurait remis au charlatan en échange du talisman.

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Mais loin de connaître la prospérité promise, l’agriculteur affirme avoir été hanté par des cauchemars récurrents, des insomnies et une peur irrationnelle de rester chez lui. « Je voyais mon frère dans mes rêves. Il me parlait, me reprochait ce que j’avais fait. Je ne pouvais plus dormir, ni travailler », a-t-il raconté, visiblement traumatisé.

Désespéré, il est retourné voir le marabout, espérant une contre-mesure ou une purification. Mais cette seconde consultation n’aurait rien changé à son état psychologique. Oppressé par le remords et la crainte, il a finalement pris la décision de se livrer spontanément au commissariat de Copargo.

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Une enquête rapide, des révélations glaçantes

Alertées, les forces de l’ordre ont ouvert une enquête du mercredi 16 au samedi 19 juillet 2025. Elle a conduit à l’interpellation du charlatan, un homme âgé d’une cinquantaine d’années, ainsi qu’à une troisième personne soupçonnée d’avoir participé à la manipulation des restes humains.

Lors des perquisitions menées au domicile du marabout, les policiers ont découvert un véritable arsenal d’objets rituels : le reste du crâne humain exhumé, un morceau d’os humain, un fragment de peau de caïman, une épine de porc-épic, plusieurs talismans non identifiés, 4,90 kg de chanvre indien, ainsi qu’un pistolet artisanal.

Ces découvertes soulèvent de graves questions sur l’ampleur des activités occultes dans la région, mais aussi sur la précarité psychologique et économique qui pousse certains agriculteurs à recourir à des pratiques extrêmes.

Ce drame interpelle autant par son aspect tragique que par ses implications sociales. Si les croyances traditionnelles font partie intégrante du tissu culturel béninois, les dérives criminelles qu’elles peuvent engendrer – comme la profanation de sépultures, les sacrifices humains ou la sorcellerie accusatoire – restent un défi sécuritaire et éthique majeur.

L’affaire de Copargo devrait être portée devant la justice dans les prochains jours. Derrière ce fait divers, c’est tout un système de vulnérabilités qui se révèle : pauvreté rurale, manque d’accès à l’agronomie moderne, isolement et pression sociale poussent certains à chercher des solutions dans l’irrationnel.

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