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Togo : le REMAPSEN s’inquiète de la réduction des financements de la santé reproductive

Anselme AVI
4 Min Read

La branche togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a rassemblé vendredi à Lomé les professionnels des médias. La rencontre portait sur les effets de la réduction des financements dédiés à la santé sexuelle, reproductive et à la planification familiale (DSSR/PF). Cette rencontre, qui intervient à quelques jours de la réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou, a permis d’examiner les conséquences concrètes de cette baisse des ressources sur les femmes et les jeunes au Togo.

Le thème retenu est « Réduction des financements : quels effets concrets pour les femmes et les jeunes ? ». Il s’inscrit dans la dynamique des Rendez-vous du Remapsen, des moments d’échanges destinés à informer et sensibiliser sur les enjeux de santé et d’environnement.

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“Cette activité s’inscrit dans une mobilisation régionale impliquant 43 pays. Cette réflexion anticipe la grande rencontre du Partenariat de Ouagadougou prévue du 16 au 18 décembre, centrée cette année sur la question du financement”, a expliqué Ambroisine Mémédé, coordonnatrice du réseau au Togo.

L’expert invité, Apoté Akpe, a présenté les impacts déjà visibles de la baisse des financements. Il a évoqué l’augmentation des grossesses non désirées, la montée des avortements clandestins, la diminution des activités de sensibilisation, la réduction du nombre d’éducateurs de pairs sur le terrain et les difficultés croissantes d’accès aux produits de planification familiale.

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“La mortalité maternelle reste élevée au Togo avec 362 décès pour 100 milles naissances vivantes, un niveau encore très éloigné des objectifs fixés pour 2030. La réduction des financements risque de freiner les progrès réalisés et de fragiliser davantage les femmes et les jeunes.”, a-t-il rappelé.

Pour Hassan Atha, membre du bureau REMAPSEN chargé des questions de DSSR/PF, il est indispensable que les journalistes soient bien outillés sur ces thématiques. Il a souligné l’importance de comprendre le cadre légal, le rôle croissant des communes dans la décentralisation et les enjeux liés à l’éducation sexuelle complète, alors que les cas de grossesses précoces restent fréquents en milieu scolaire.

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Représentant le ministère de la Santé, le Dr Abram Ametepe a salué l’initiative et insisté sur la nécessité de renforcer les financements domestiques.

“Le Togo a progressivement augmenté sa contribution nationale depuis 2012, couvrant aujourd’hui plus de 20 % des besoins liés aux intrants, tandis que les communautés et les communes ont mobilisé plus de 200 millions de FCFA pour soutenir les services de planification familiale. Les financements extérieurs devenant de plus en plus imprévisibles, le pays doit développer sa propre souveraineté sanitaire pour garantir la continuité des services”, a souligné Dr Abram Ametepe.

La rencontre s’est achevée sur un appel collectif à renforcer les efforts nationaux, à mobiliser toutes les parties prenantes et à sensibiliser davantage les populations. Les échanges nourriront les discussions nationales et régionales lors de la réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou, où la question du financement restera au cœur des débats.

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