C’est une affaire de viol qui secoue la haute administration togolaise. Le Secrétaire général du ministère de la Promotion de la femme, NGuemebi Bileba, a été interpellé puis placé en détention à la prison civile de Lomé, à la suite d’une plainte pour viol déposée par une employée de son département. L’enquête, confiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ), est en cours et devrait déboucher sur une instruction judiciaire.
Le choc est d’autant plus grand que cette affaire de viol éclabousse une institution censée être en première ligne dans la défense des droits des femmes et des filles. Face à ce paradoxe, la Grappe des Organisations Féministes du Togo (GOFT) a publié un communiqué particulièrement ferme.
Dans leur texte, ces organisations expriment leur « vive indignation » et leur « solidarité à la victime », tout en soulignant que le cas n’est pas isolé. Le harcèlement sexuel et moral au travail, avancent-elles, serait devenu « monnaie courante » dans plusieurs administrations, publiques comme privées.
Les Organisations Féministes rappellent que ces abus constituent avant tout des « abus de pouvoir », avec des conséquences psychologiques, sociales et professionnelles lourdes pour les victimes, souvent exposées à une « double victimisation » : d’abord agressées, puis stigmatisées ou réduites au silence.
Une affaire de viol de trop
La GOFT appelle les autorités judiciaires à traiter le dossier « avec célérité, impartialité et indépendance », afin d’en faire un exemple dissuasif. Elle exige la « transparence totale » tout au long de la procédure et l’application « stricte » des sanctions prévues par la loi.
Parallèlement, elle plaide pour une prise en charge holistique des victimes et la formation obligatoire des agents publics en matière d’éthique et de respect des droits humains.
La ministre de la Promotion de la femme a, de son côté, été saluée par les féministes pour la diligence avec laquelle le dossier a été pris en main. Mais les Organisations Féministes veulent aller plus loin : affichage des procédures de signalement dans chaque service public, chasse aux « prédateurs sexuels » tapis dans l’administration, et surtout un message clair d’« intolérance zéro ».
Car, préviennent-elles, « c’est dans nos administrations que la République prend vie. Nous refusons que les services publics deviennent des lieux d’oppression plutôt que d’émancipation ».
Au Togo, les violences basées sur le genre peinent encore à être dénoncées et sanctionnées. L’issue de cette affaire de viol est perçue comme un test grandeur nature pour l’engagement des autorités togolaises à mettre fin à l’impunité des crimes sexuels.
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