L’Alliance nationale pour le changement (ANC) a rendu vendredi un hommage à Sylvanus Olympio, premier président élu du Togo, assassiné le 13 janvier 1963. Le parti de Jean-Pierre Fabre salue la mémoire d’un homme d’Etat qui avait pour rêve de faire du Togo ‘’l’Or de l’Humanité’. Pour l’ANC, l’assassinat de M. Olympio a plongé le Togo dans une crise politique grave qui perdure 60 ans après. Elle demande à 3 entités de réparer ce crime.
Dans sa déclaration intitulée « 13 janvier 1963-13 janvier 2023 : Un crime crapuleux demeuré impuni depuis 60 ans ! », l’ANC révèle que l’assassinat reste un crime exécuté par des demi-soldes togolais, démobilisés d’une armée étrangère.
Elle ajoute qu’après l’assassinat de l’homme, ses compagnons de lutte, son parti politique, le Comité de l’Unité Togolaise (CUT) ainsi que ses partisans et ses parents ont été ostracisés et mis progressivement à l’écart de la vie publique.
« Depuis ce jour funeste du 13 janvier 1963, notre pays est plongé dans une crise politique grave qui perdure 60 ans après. Les fondements de la société togolaise, sont brisés. Le mensonge est devenu le mode de gouvernement », regrette le parti qui constate que cette pratique a fini par déteindre sur nombre d’acteurs politiques.
Justice pour Sylvanus Olympio
L’ANC avance que les forces de défense et de sécurité, qui devraient être le point de rencontre des citoyens de toutes origines, « ont été progressivement tribalisées pour assurer la pérennité du régime ».
Jean-Pierre Fabre et ses partisans assurent que le moment est venu d’engager une initiative politique visant à rendre justice à Sylvanus Olympio et à ses compagnons de lutte, ses partisans, ses parents. Le moment, disent-ils, est venu de restituer l’histoire du Togo, en particulier la vérité sur les tenants et aboutissants de l’assassinat du président Sylvanus Olympio.
« A cet égard, tous les héritiers à qui profite le crime du 13 janvier 1963, ont envers le peuple togolais souverain, un devoir de vérité, un devoir de réhabilitation et un devoir de réparation. Ils sont au nombre de trois, au moins », ont-ils soutenu.
Appel à Faure Gnassingbé et à la France
Le parti estime à cet effet que Faure Gnassingbé est l’héritier de premier rang et qu’il a un rôle prépondérant à jouer dans la guérison du mal togolais.
« il lui revient de faire preuve de courage, s’il peut en avoir, pour engager une politique hardie de justice et de recherche de la vérité afin de panser les blessures des uns et des autres », souhaite le parti.
Dans le même ordre d’idées, l’ANC argue que le RPT/UNIR, qui a gardé la culture du parti unique- parti-Etat, demeure obstinément fermé à la démocratie et à l’Etat de droit. Il est temps, conclut-il, que dans un sursaut patriotique salutaire, ce parti soutienne des réformes politiques saines, susceptibles d’ouvrir la voie à l’édification d’un Togo moderne, démocratique, prospère et respectueux des droits et libertés des citoyens.
Enfin, l’ANC cite la France comme le 3è héritier du crime commis sur Sylvanus Olympio. Elle exige que les dossiers classés secret défense en France et ailleurs concernant l’assassinat de Sylvanus Olympio, soient déclassifiés pour permettre au peuple togolais de faire le deuil de son défunt président.



