L’affaire ravive les inquiétudes autour de Qnet, une société plusieurs fois épinglée à travers l’Afrique pour ses méthodes controversées. Le 5 juillet dernier, à Mbour, dans l’ouest du Sénégal, les forces de sécurité ont mis un terme à une opération d’escroquerie en interpellant un suspect et en libérant 45 personnes (dont 29 femmes). Ces victimes étaient retenues dans un local présenté comme un centre de formation professionnelle.
L’intervention a été conduite par les agents du poste de police de Diamaguène, alertés par un habitant de la commune voisine de Malicounda. Celui-ci affirmait que sa nièce était séquestrée dans un bâtiment de Grand Mbour, aux côtés d’autres jeunes, dans le cadre d’un prétendu stage organisé par des représentants de Qnet.
À leur arrivée, les policiers découvrent un groupe de 45 jeunes, parmi lesquels figure un ressortissant étranger, apparemment pris au piège d’un « stage de formation » aux contours flous. Tous affirment avoir été recrutés sur la base de promesses alléchantes d’emploi et d’opportunités économiques. Une stratégie bien connue de Qnet, cette société de vente directe accusée dans plusieurs pays africains — notamment au Togo, en Côte d’Ivoire ou encore en Guinée — d’escroquerie et d’activités pyramidales.
Le principal suspect a été immédiatement placé en garde à vue, poursuivi pour escroquerie présumée. L’enquête, selon une source policière contactée par APA, vise désormais à identifier d’éventuels complices et à déterminer l’ampleur du réseau.
Qnet, Un phénomène transnational
Depuis plusieurs années, Qnet est au cœur de polémiques dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Son modèle économique, reposant sur le recrutement de nouveaux membres avec des promesses de gains rapides, est dénoncé par les autorités comme un système de type Ponzi. Au Sénégal, ce n’est pas la première fois que les forces de l’ordre interviennent dans des affaires impliquant la société.
Si la direction de Qnet nie toute implication directe dans ces pratiques, elle est régulièrement accusée de laisser prospérer des agents indépendants aux méthodes peu scrupuleuses. À Mbour, l’affaire relance le débat sur la régulation de ces entreprises transnationales à la frontière du légal, qui ciblent en priorité des jeunes en situation de précarité.
Dans un contexte de chômage élevé chez les jeunes diplômés, les fausses promesses d’insertion professionnelle rencontrent un terreau fertile. Les autorités sénégalaises appellent à la vigilance, et les organisations de défense des droits des consommateurs insistent sur la nécessité de mieux encadrer ces pratiques. La police, de son côté, invite la population à signaler toute activité suspecte liée à des sociétés de marketing ou de formation non reconnues.
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