Sur le campus de Sciences Po à Reims, l’économiste togolais et ancien ministre de la Prospective, Kako Nubukpo, a livré une conférence autour de son dernier ouvrage, L’Afrique et le reste du monde. C’était à l’occasion de la Semaine Africaine 2025 organisée par l’ASPA. Face à une crise qu’il qualifie de « systémique », l’auteur propose une rupture : celle d’une souveraineté fondée sur les réalités africaines, loin des logiques de dépendance ou d’assistanat.
Pendant plus d’une heure, l’ancien directeur de la francophonie économique à l’OIF a déroulé une pensée structurée autour de trois axes fondamentaux.
Repenser la monnaie : Pour Prof Nubukpo, il est urgent de dépasser le franc CFA, qu’il qualifie de « monnaie sans vision ». Mais cette transition ne peut s’inspirer des modèles instables du Naira nigérian ou du Cedi ghanéen. Il plaide pour une monnaie régionale crédible, portée par une gouvernance panafricaine, assortie d’une rigueur budgétaire et d’une gestion prudente des dettes publiques.
Reconfigurer l’agriculture : Loin du modèle d’exportation hérité de la colonisation, l’Afrique doit viser la souveraineté alimentaire. Cela passe, selon Kako Nubukpo, par un néo-protectionnisme lucide, encourageant la production et la transformation locales. Il s’agit de « nourrir les Africains avec des produits africains, tout en préservant leur pouvoir d’achat ».
Ouvrir des perspectives : Plus qu’un enjeu économique, la souveraineté est aussi une question générationnelle. Kako Nubukpo invite à revaloriser les territoires ruraux, à responsabiliser les élites politiques et économiques, et à ouvrir un horizon aux jeunesses africaines. « La justice écologique et sociale doit devenir un moteur de refondation », insiste-t-il.
L’intervention sans concession, a été saluée par une assistance composée d’étudiants, de chercheurs et de membres de la diaspora. À travers son ouvrage, mais aussi par sa parole engagée, Kako Nubukpo continue d’incarner une voie alternative pour le continent. Pour l’économiste togolais, Afrique doit oser penser par elle-même, pour elle-même.
Dans l’amphithéâtre de Sciences Po Reims, le message a trouvé un écho certain auprès d’une génération en quête d’ancrage, d’espoir et de transformation.
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