Mixx by Yas

AES : Goïta, Traore et Tiani dressent le 1er bilan confédéral à Bamako

Didier ASSOGBA
4 Min Read

Les dirigeants de la Confédération des États du Sahel (AES) ont rendez-vous à Bamako les 22 et 23 décembre pour une rencontre à forte portée politique. Un an et demi après la signature de la Charte du Liptako-Gourma et près de 18 mois après le sommet fondateur de Niamey, les chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger entendent dresser un premier bilan d’ensemble de cette construction régionale née sur fond de rupture avec la Cédéao.

Selon un document transmis par le Centre d’information gouvernementale du Mali (CIGMA), cette 2e session du Collège des chefs d’État doit permettre d’évaluer les avancées enregistrées sous la présidence malienne, d’examiner les défis sécuritaires, diplomatiques et économiques, et de finaliser l’opérationnalisation institutionnelle de la Confédération. À l’issue des travaux, un nouveau président de l’AES devra également être désigné.

- Advertisement -

AES, Un État confédéral en gestation

Du point de vue des autorités de l’AES, les progrès réalisés depuis juillet 2024 sont substantiels. Une feuille de route a été adoptée afin d’assurer le fonctionnement des instances confédérales et de renforcer la coordination entre les trois États. La Confédération s’est aussi dotée de symboles communs : un logo, une devise – « Un espace – un Peuple – un Destin » –, un drapeau et un hymne, Sahel Benkan.

Sur le terrain de la libre circulation, l’introduction d’un passeport biométrique commun et d’une carte nationale d’identité confédérale est présentée comme une avancée majeure, dans une région longtemps marquée par la fragmentation administrative et les contrôles sécuritaires.

- Advertisement -

La question sécuritaire reste toutefois au cœur du projet. Une force unifiée a été mise en place et plusieurs opérations conjointes ont été conduites dans la zone dite des trois frontières. Les autorités affirment que ces actions ont permis la neutralisation de chefs de groupes armés et un meilleur contrôle territorial, même si ces annonces restent difficiles à vérifier de manière indépendante.

Sur le plan diplomatique, les pays membres revendiquent une harmonisation de leurs positions sur la scène internationale. Des démarches communes ont été engagées auprès d’organisations et de partenaires extérieurs, tandis que des sessions confédérales des parlements nationaux ont été instituées, esquissant les contours d’une diplomatie et d’une gouvernance régionales coordonnées.

- Advertisement -

Bâtir une alternative régionale

L’AES cherche également à se doter d’outils économiques propres. Une Banque confédérale d’investissement et de développement a été créée, dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA, accompagnée d’un prélèvement confédéral. L’ancienne Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG) a été transformée en agence d’exécution des projets de la Confédération, avec des chantiers annoncés dans les transports, l’énergie et l’agriculture.

Sur le terrain de l’information, la Confédération s’est dotée de ses propres médias : la radio Daandè Liptako, basée à Ouagadougou, et Télé AES, installée à Bamako. Un projet d’agence de presse confédérale, dont le siège est prévu à Niamey, est également en cours, signe d’une volonté affirmée de maîtriser le récit politique et géopolitique du nouvel ensemble.

Avant le sommet des chefs d’État, le Conseil des ministres confédéral s’est réuni les 20 et 21 décembre, précédé d’une session des hauts fonctionnaires et experts du 15 au 18 décembre derniers. Autant d’étapes destinées à consolider un édifice encore fragile.

Créée officiellement le 6 juillet 2024, après l’annonce du retrait des trois pays de la Cédéao, la Confédération des États du Sahel se présente désormais comme une « réalité géopolitique incontournable ». Bamako pourrait bien marquer, à cet égard, un moment de vérité.

Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails

TAGGED:
Share This Article