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Dr Sonhaye : ‘L’Afrique embarquée dans l’intelligence artificielle, malgré elle…’

Didier ASSOGBA
4 Min Read
Dr Kondi Napo Sonhaye

Pour sa rentrée 2026, le Laboratoire d’Analyse des Mutations Politico-juridiques, Économiques et Sociales (LAMPES) de l’Université de Lomé a placé l’intelligence artificielle au cœur du débat. Une thématique qui cristallise à la fois espoirs, inquiétudes et urgences stratégiques pour le continent.

La salle de conférence du centre WASCAL, sur le campus de l’Université de Lomé, affichait complet ce vendredi 23 janvier. Universitaires, chercheurs, doctorants, acteurs de la société civile, journalistes et étudiants s’y sont pressés pour assister à la rentrée solennelle 2026 du LAMPES, première sous la direction du professeur Yawo Agbéko Amewu.

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Le point d’orgue de la cérémonie était une conférence publique suivie d’un débat nourri, parfois vif, autour d’un thème au cœur des recompositions contemporaines : « L’Afrique et l’intelligence artificielle : enjeux, opportunités et risques ».

Une Afrique « embarquée » dans l’Intelligence Artificielle

Sous la modération du comparatiste Dr Lintimé Molley, le conférencier principal, Dr Kondi Napo Sonhaye, maître de conférences et spécialiste des sciences de l’information et de la communication, a structuré son propos autour de trois questions clés : L’Afrique est-elle prête à l’IA ? Comment intégrer l’IA dans nos vies ? Comment concilier ses opportunités avec les risques qu’elle induit ?

Dès l’entame, l’orateur a posé le cadre. L’intelligence artificielle est, selon lui, « la plus grande invention de l’homme ». Une technologie qui n’est pourtant, rappelle-t-il, que « la capacité des machines à prolonger la pensée humaine et à relayer les tâches répétitives, parfois redondantes, avec une vitesse proche de l’esprit humain ».

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Sur la question de la préparation du continent, le constat est sans détour : « L’Afrique, qu’elle le veuille ou non, est embarquée dans l’intelligence artificielle », a lancé Dr Sonhaye. Une formule reprise et radicalisée par le philosophe Dr Koffi Agnidé : « L’Afrique n’est pas prête à l’IA, mais elle est obligée d’être prête ». Une injonction qui résume les tensions entre retards structurels, fractures numériques et impératif d’adaptation.

L’IA à l’université : entre promesse et vigilance

Au cœur des échanges, la place de l’IA dans l’enseignement supérieur togolais. Pour les intervenants, il ne s’agit plus de se demander si l’IA doit entrer à l’université, mais comment l’y intégrer sans en pervertir les fondements.

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Plagiat, atteintes à la protection des données, dépendance technologique, affaiblissement de l’esprit critique sont des risques clairement identifiés. D’où l’appel, partagé par le directeur du LAMPES, Pr Amewu, à un usage modéré, encadré et éthique de ces outils, tant dans la recherche que dans la formation.

En l’absence, au Togo, d’un cadre juridique spécifique sur l’IA, enseignants et étudiants évoluent dans une zone grise. Pourtant, comme l’a souligné Dr Sonhaye, l’IA est avant tout un outil, comparable à ce que fut le web dans les années 2000 : un accélérateur de l’accès à l’information et de sa conservation.

Le débat, parfois houleux, a donné à la rencontre des allures de joute académique. « Un véritable mess des intellectuels, une arène de gladiateurs scientifiques », a résumé le professeur Amewu, saluant la vitalité des échanges et l’absence de consensus facile.

Profitant de cette rentrée, le LAMPES a également levé le voile sur ses prochaines activités. Le laboratoire a annoncé la tenue, en juin 2026, d’un colloque international en hommage à la pensée d’Edem Kodjo, ancien secrétaire général de l’OUA et ex-Premier ministre du Togo.

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