De nombreux nigériens sont descendus dans les rues de Niamey jeudi pour apporter leur soutien au Général Abdourahamane Tchiani et au Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) ayant déposé Mohamed Bazoum. La veille déjà, le président du CNSP a rejeté les sanctions de la CEDEAO et ne compte pas céder aux menaces de l’organisation.
Le Général Abdourahamane Tchiani a prononcé un discours le 02 août, à la veille de la célébration de la fête de l’indépendance du Niger proclamé officiellement le 3 août. Le président du CNSP est d’abord revenu sur les raisons de sa prise de pouvoir.
Tchiani dénonce les sanctions
Réagissant sur les sanctions prises par la CEDEAO et l’UEMOA, l’officier général de l’armée nigérienne les rejette et les considère comme « illégales, injustes et inhumaines ».
« S’agissant de la CEDEAO et de l’UEMOA, c’est avec une stupéfaction que les nigériens ont appris les sanctions illégales, injustes et inhumaines prononcées à leur encontre… Le CNSP rejette en bloc ces sanctions et refuse de céder à toute menace et d’où qu’elle vienne »,
La CEDEAO a menacé d’intervenir militairement au Niger pour libérer Mohamed Bazoum et sa suite pour les rétablir au pouvoir. Le chef du CNSP refuse à l’organisation son ingérence dans les affaires du Niger.
« Nous refusons toute ingérence dans les affaires intérieures du Niger et rejetons la prétention chez les uns et les autres de punir pour l’exemple le CNSP et le peuple nigérien », a martelé le général qui en appelle au peuple nigérien dans son unité à faire échec à tous ceux qui veulent des souffrances aux populations et déstabiliser le pays.
Mobilisation des nigériens
Le chef du CNSP avoue que les semaines et les mois à venir seront certainement difficiles pour le pays. Il affirme que ceux qui s’opposent à eux sont « sans limite lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts égoïstes ».
« Ils ne s’arrêteront que face à la ferme détermination du peuple nigérien », indique-t-il avant de remercier le Burkina-Faso, la Guinée et le Mali pour leur soutien.
En effet, le Mali dirigé par le Colonel Assimi Goïta et le Burkina-Faso dirigé par Ibrahim Traoré ont indiqué que toute intervention militaire au Niger serait synonyme d’une déclaration de guerre. Pour sa part, la Guinée a indiqué que cette option ne ferait qu’aggraver la situation et entraîner une dislocation de la CEDEAO
Au lendemain de ce discours, une nouvelle mobilisation de la population nigérienne a eu lieu en soutien au nouveau pouvoir. Des milliers de nigériens se sont rassemblés le jeudi 03 août pour apporter leur soutien au CNPS.
Les manifestants ont condamné les sanctions de la CÉDÉAO, la présence militaire française et la mauvaise gouvernance des régimes précédents.






