La CEDEAO est actuellement embarrassée par la situation qui prévaut depuis le 26 juillet dernier au Niger. L’organisation sous-régionale a même prévu un sommet extraordinaire dimanche 30 juillet à Abudja pour décider de la conduite à tenir. A la veille de la réunion, les nouvelles autorités nigériennes envoient un message à l’organisation.
Les militaires au pouvoir à Niamey, après le coup d’Etat contre Mohamed Bazoum, suivent scrupuleusement les actions de la CEDEAO. Ils sont au parfum du sommet extraordinaire prévu dimanche à Abuja et en connaissent même l’ordre du jour. Selon eux, l’organisation s’apprête à décider d’attaquer militairement le Niger.
« L’objectif de cette rencontre est validation d’un plan d’agression contre le Niger à travers une intervention militaire imminente à Niamey en collaboration avec des pays africains non-membres de l’organisation et certains pays occidentaux », indiquent le CNSP dans son communiqué datant du 29 juillet.
Le général Tchiani a tenu à « rappeler à la CEDEAO ou tout autre aventurier » la ferme détermination de l’armée nigérienne à défendre sa « patrie ».
L’embarrassant ‘cas Niger’
La CEDEAO a condamné, à travers deux communiqués, le coup d’Etat contre Mohamed Bazoum. Les dirigeants ouest-africains vont se réunir à Abuja pour définir la ligne de conduite à suivre par rapport aux putschistes nigériens.
Dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 juillet, un groupe de militaires conduit par le chef de la garde présidentielle, le général Abdourahamane Tchiani a renversé le président Mohamed Bazoum. Ces hommes ont mis en place un Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP) qui dirige désormais le pays, au grand dam de la communauté internationale qui ne cesse de condamner.
Mais l’organe dirigé par le général Tchiani reproche au régime de Mohamed Bazoum d’avoir failli dans sa stratégie de sécurisation du pays dans un contexte d’attaques terroristes répétées. Le dirigeant actuel du Niger critique également la gouvernance économique et sociale du président Bazoum, toujours gardé par les militaires.
En déplacement jeudi dernier à Abudja, Patrice Talon, le président béninois, avait laissé entendre que « tous les moyens seront utilisés au besoin ». Il précise toutefois que la CEDEAO priorise la voie pacifique pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel.






