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Education : le Togo se distingue en Afrique subsaharienne 

Vanessa DEKADJE (Stagiaire)
4 Min Read

L’Unesco vient de publier son Rapport mondial de suivi de l’éducation (Gem) 2026, avec des conclusions préoccupantes pour l’Afrique. Selon le rapport, 273 millions d’enfants et de jeunes ne sont toujours pas scolarisés en Afrique. Si cette situation souligne une urgence continentale, le Togo quant à lui se distingue par des indicateurs de scolarisation encourageant.  

Le Togo affiche une progression annuelle de son taux de scolarisation de 0,5 point de pourcentage. Ainsi, il avance plus vite que la moyenne de l’Afrique subsaharienne, située à 0,2 point.

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Ces progrès sont le fruit de réformes, notamment la suppression des frais de scolarité au primaire en 2008, puis au secondaire en 2021. Entre 2000 et 2023, les inscriptions ont bondi de 80 % au primaire. Du côté du secondaire, le Togo s’affiche avec une croissance de 220 % pour le premier cycle et de 390 % pour le second cycle.

L’enseignement supérieur porte le secteur de l’éducation

Selon le rapport, l’enseignement supérieur a également connu une croissance notable. Le taux de scolarisation a triplé en l’espace de 14 ans. En effet, le Togo devance aujourd’hui plusieurs pays de la région. Son taux brut de scolarisation est supérieur de 10 points à celui de l’Ouganda et de 5 points à celui du Burkina Faso. Le Togo rivalise même avec le  Ghana, affichant un taux d’inscription à l’université de 19 %. 

L’offre de formation s’est également diversifiée. En plus des universités de Lomé et de Kara, le Togo compte quatre autres universités publiques agréées. Elles incluent l’École normale supérieure d’Atakpamé et le Centre International de Recherche et d’Études Linguistiques, plus connu sous le nom de Village du Bénin. Le secteur de l’enseignement supérieur privé connaît également une expansion avec 93 établissements accrédités en 2025, soit 14 de plus qu’en 2024. Toutefois, ces établissements privés n’accueillent encore que 19 % des effectifs totaux.

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De plus, le coût financier de l’enseignement supérieur public est considérablement réduit par l’octroi de bourses d’études selon des critères d’admissibilité dites minimes. Ainsi, environ 90 % des étudiants des universités publiques bénéficient d’une bourse d’études. Selon le rapport, ces bourses représentent 36 % des dépenses du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le rapport souligne toutefois que si ce soutien financier a contribué à abaisser les barrières financières, il pourrait également menacer la viabilité financière du secteur à long terme.

Un ratio d’un enseignant pour 127 étudiants 

Malgré ces prouesses, des zones d’ombre subsistent. L’écart entre les sexes s’est creusé, atteignant 21,5 points de pourcentage en 2024 en faveur des garçons. De plus, la qualité de l’encadrement est mise à rude épreuve par l’afflux d’étudiants. À l’Université de Lomé, on compte un enseignant pour 127 étudiants, un ratio bien au-dessus de l’objectif national de 102 pour un.

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Le défi majeur reste l’adéquation entre la formation et l’emploi. Près de huit diplômés sur 10 se trouvent en situation de sous-emploi cinq ans après la fin de leurs études. Cette situation s’explique par des programmes d’études jugés trop théoriques et mal adaptés aux besoins du marché du travail. Le matériel obsolète et l’insuffisance de la formation pratique laissent également les diplômés mal préparés.  

Le chemin vers une éducation de pleine qualité reste alors semé d’embûches. Il sera question prochainement d’assurer une adéquation entre la formation et l’emploi des étudiants. Mais aussi, pour arriver à un succès effectif, le système éducatif devra réussir à transformer ses diplômés en acteurs productifs, prêts à répondre aux réalités du marché du travail.

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