Les chefs de la CEDEAO réunis le 3 juillet à Accra ont finalement décidé de mettre un terme aux sanctions économiques et financières qui pesaient sur le Mali. A l’issue du sommet, la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement a acté la réouverture des frontières terrestres et aériennes. L’orientation souhaitée en avril dernier par le chef de l’Etat togolais, qui préconisait la concertation avec les juntes militaires, a finalement eu gain de cause.
La 61è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, tenue dimanche 03 juillet 2022 à Accra au Ghana a abouti à de bonnes nouvelles pour le Mali. Pour parvenir aux décisions communiquées, Faure Gnassingbé et ses pairs ont débattu dans un huis clos intégral
Les dirigeants ouest africains ont d’abord examiné la situation sociopolitique, sécuritaire et économique de la sous-région. Ils ont ensuite pris d’importantes décisions pour relever les défis auxquels fait face la CEDEAO en vue de favoriser davantage l’intégration régionale et d’améliorer les indicateurs macro-économiques.
Levée des sanctions économiques
Sur la question malienne, ils ont décidé de lever les sanctions prises à l’encontre du pays il y a six mois. La CEDEAO a validé le nouveau calendrier proposé par la junte d’une période de transition allant jusqu’à mars 2024.
En revanche, l’organisation s’oppose fermement à la participation des autorités de la transition à la prochaine élection présidentielle. Et maintient également les sanctions individuelles contre les membres de la junte au pouvoir, ainsi que les sanctions administratives à l’encontre du Mali.
Le 4 juin dernier, il était impossible pour le chefs d’Etat de l’organisation de parvenir à un consensus. Les dirigeants favorables à la levée de l’embargo, comme le Togolais Faure Gnassingbé, l’Ivoirien Alassane Ouattara ou encore le Sénégalais Macky Sall, n’avaient pas réussi à rallier à leurs vues les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo, nigérian Mahammadu Buhari ou encore nigérien Mohamed Bazoum.
Sur la question des sanctions contre le Mali, Faure Gnassingbé, désigné facilitateur avait déjà invité la CEDEAO à changer d’attitude pour une bonne résolution de la crise.
« Nous avons consacré beaucoup de sommets à ces problèmes-là. Je pense que nous devons tout faire pour éviter l’impasse d’un côté comme de l’autre et sortir peut être des sentiers battus et réagir avec beaucoup plus d’audace, beaucoup plus de solidarité », avait déclaré Faure Gnassingbé en avril dernier lors d’une visite rendue à Alassane Ouattara à Abidjan.
Les chefs d’Etat de l’organisation ont donc compris, après plusieurs semaines de discussions, qu’il faut aider le Mali à sortir de sa situation transitoire, en accompagnant les militaires au pouvoir pour l’organisation d’élections devant permettre de passer la main aux civils.
Au sujet de la Guinée, la proposition d’une durée de 39 mois pour la transition de Mamady Doumbouya a été rejetée. L’ancien chef d’Etat béninois, Thomas Boni Yayi a été désigné comme nouveau médiateur.
Instances de la CEDEAO
Au cours du sommet d’Accra, la CEDEAO a également procédé au renouvellement de ses instances. Le président bissau-guinéen, Umaro Embalo Sissoco est élu à la tête de la CEDEAO. Pendant ce temps, le diplomate gambien, Aliou Omar Touray est désigné nouveau président de la Commission.0
Les dirigeants de l’organisation communautaire ont salué les efforts des chefs d’État au plan national et régional, pour le renforcement de la gouvernance, la stabilité et la promotion de la libre circulation des biens et des personnes.
Ils ont réaffirmé leur détermination pour l’application stricte du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance.





