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Togo : l’affaire Charles Walla-Azoumaro, entre drame conjugal et confusion judiciaire

Togo Breaking News
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Charles Essohanam Walla-Azoumaro

Depuis plus de deux ans et demi, l’homme d’affaires togolais Charles Walla-Azoumaro croupit en prison dans des conditions contestées. Incarcéré à la suite d’un enchaînement d’accusations aussi graves que controversées, il est devenu, aux yeux de son avocat Me Zeus Ajavon, le symbole d’un acharnement judiciaire qui interroge. Ce dernier s’est livré cette semaine à la presse.

Marié depuis deux décennies à Ivonne Gnassingbé, fille du défunt président Gnassingbé Eyadéma et pharmacienne de profession, Charles Walla-Azoumaro aurait longtemps vécu dans un climat conjugal difficile. La présence constante de la belle-famille et d’un pasteur proche de son épouse aurait contribué à fragiliser le foyer, d’après son conseil. Souffrant d’une pathologie cardiaque, l’homme d’affaires s’était réfugié dans son travail, multipliant les longues journées qui le ramenaient tard dans la nuit au domicile familial.

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C’est dans ce contexte tendu qu’un soir, Charles Walla-Azoumaro découvre son épouse inconsciente derrière une porte verrouillée de l’intérieur. Pris de panique, il alerte le pasteur et tente de joindre le médecin de famille. Le diagnostic tombe : accident vasculaire cérébral (AVC). D’abord admise en clinique, la patiente est ensuite transférée au CHU de Lomé. Mais le drame prend une tournure inattendue lorsque des militaires interviennent et procèdent à l’arrestation de M. Walla-Azoumaro, soupçonné d’avoir empoisonné son épouse.

Pourtant, selon l’autopsie réalisée, aucune trace de poison n’a été détectée. Malgré cela, l’homme est maintenu en détention.

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Des charges mouvantes contre Charles Walla-Azoumaro

Écartée, la thèse de l’empoisonnement laisse place à une nouvelle accusation : la négligence. Charles Walla-Azoumaro aurait tardé à conduire son épouse à l’hôpital. Mais là encore, le dossier judiciaire intrigue : confié à un juge d’instruction, il aurait dû être transmis rapidement au procureur. Or, il serait resté plus d’un an dans les tiroirs du parquet, en violation manifeste des délais légaux.

Entre-temps, le patrimoine du couple subit une véritable hémorragie. Terrains vendus, bijoux soustraits, effets disparus… Un huissier en a dressé constat, selon la défense.

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Puis, coup de théâtre : une nouvelle charge s’ajoute, plus infamante encore. Charles est accusé d’avoir sodomisé son fils de huit ans et de lui avoir transmis l’hépatite C. Mais les analyses médicales commandées par la défense établissent le contraire. Pire, elles révèlent l’existence de documents médicaux falsifiés.

Pour Me Zeus Ajavon, la conclusion s’impose : « Tout porte à croire qu’on veut briser cet homme. On multiplie des accusations mensongères, on bloque son dossier, on le maintient arbitrairement en prison. C’est une violation flagrante de la loi et des droits humains. »

L’attente d’un sursaut judiciaire

Au-delà de la dimension strictement judiciaire, l’affaire soulève des interrogations plus larges. Nombre d’observateurs y voient l’ombre de querelles patrimoniales et familiales, avec en toile de fond le poids du nom Gnassingbé.

En vertu de la loi togolaise, un détenu devrait pouvoir bénéficier d’une libération conditionnelle après avoir purgé la moitié de sa peine préventive. Pourquoi cette disposition ne s’applique-t-elle pas à Charles Walla-Azoumaro ? La question reste sans réponse.

Dans l’opinion, l’affaire divise. Certains dénoncent une « cabale judiciaire », d’autres y voient un symbole des fragilités persistantes de l’État de droit au Togo. Tous s’accordent néanmoins sur un point : le besoin urgent de transparence dans le traitement du dossier.

À l’heure où le pays cherche à renforcer ses institutions et à consolider son image internationale, l’affaire Charles Walla-Azoumaro devient un nouveau test pour la justice togolaise. Une justice appelée à prouver qu’elle reste au service de la loi.

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