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Togo : l’affaire Abdoul Aziz Goma ravive le débat sur l’État de droit

Didier ASSOGBA
3 Min Read

Depuis le 27 août 2025, Abdoul Aziz Goma observe une grève de la faim à la prison civile de Lomé. Le Togolais naturalisé irlandais a été condamné à dix ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de Lomé pour complot contre la sécurité intérieure de l’État et groupement de malfaiteurs. Celui qui doit purger sa peine jusqu’en décembre 2028, proteste contre ce qu’il qualifie de « détention arbitraire » et de « conditions inhumaines ». Dans les arcanes du pouvoir de Lomé, on met en avant l’Etat de droit.

Dans une lettre ouverte adressée au président du Conseil, Goma dénonce un procès qu’il juge « profondément injuste », affirme n’avoir été confronté à « aucune preuve concrète » et évoque des tortures qui lui auraient fait perdre « l’usage de [ses] membres inférieurs ». Il cite également la mort récente de son codétenu Karrou Wawim comme un « symbole des conséquences dramatiques du mépris des droits humains » et réclame la révision immédiate de son procès, la libération de tous les détenus politiques et des mesures urgentes pour garantir des conditions de détention humaines.

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« Je suis prêt à mourir pour défendre cette vérité, mais je suis encore plus prêt à vivre si cette vérité triomphe », conclut-il.

Abdoul Aziz Goma : entre la politique et l’Etat de droit

À Lomé, les autorités réfutent ces accusations. Des sources gouvernementales rappellent que la condamnation de Goma a été prononcée « au terme d’un procès équitable », après une instruction longue « essentiellement du fait des recours exercés par la défense ».

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Concernant son état de santé, les rapports médicaux officiels, confirmés selon les autorités par des visites de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), attestent qu’il est « stable » et qu’il bénéficie d’un suivi régulier assuré par un professeur neurochirurgien. Les mêmes sources précisent que Goma a refusé une hospitalisation sécurisée au CHU Sylvanus Olympio, malgré les propositions des autorités pénitentiaires.

Pour le pouvoir togolais, l’affaire illustre la fermeté de l’État de droit : « La justice a dit le droit et l’État veille à ce que la dignité du détenu soit respectée », affirme un ponte du pouvoir togolais.

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Cette position n’apaise toutefois pas les défenseurs des droits humains, qui continuent de dénoncer des atteintes aux libertés fondamentales dans un contexte politique tendu, marqué par les récentes contestations contre la nouvelle Constitution.

L’affaire Goma, qui mêle enjeux judiciaires, droits de l’homme et pression internationale, pourrait bien continuer à alimenter le débat politique.

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