Prof Robert Dussey participe à la 78è assemblée générale des Nations Unies ouverte mardi. Jeudi, le ministre togolais des affaires étrangères a prononcé un discours dans lequel il a abordé les sujets du terrorisme, du changement climatique, des crises sociopolitiques et des transitions politiques actuelles en Afrique. Il a appelé les dirigeants de l’Afrique de l’ouest à investir dans la paix plutôt que dans la guerre. Robert Dussey a invité les puissances à respecter le continent africain et exigé une réforme du conseil de sécurité des Nations unies pour une présence permanente de l’Afrique.
A la tribune des Nations Unies, Robert Dussey a affirmé sans outre mesure que le monde actuel est profondément malade et son état de pathologie interpelle à un niveau de responsabilité aussi élevé que les Nations Unies.
Pour le chef de la diplomatie togolaise, les engagements ne sont pas à la hauteur de l’ampleur des défis.
« Voilà la question que nous ne pouvons pas perdre de vue si notre ambition aux Nations Unies est vraiment d’améliorer l’état du monde aux fins d’octroyer à nos peuples et à nos différents pays plus d’opportunités, de sûreté, de sécurité et d’assurance », a-t-il affirmé.
Vulnérabilité multisectorielle de l’Afrique
Dans la même veine, Prof Dussey a indiqué que l’Afrique fait face à une vulnérabilité multisectorielle. Une vulnérabilité due au faible niveau de développement, aux crises sanitaires de grande envergure, aux effets du changement climatique, à la perturbation des chaines d’approvisionnement alimentaires mondiales.
Le ministre togolais énumère également l’envahissement de l’espace cybernétique africain par des cybercriminels et la désinformation, la récurrence des conflits armés et l’actualité de la guerre et la dissémination du terrorisme international sur le continent. Toutes choses qui menacent la paix et la stabilité internationales.
En Afrique de l’ouest où plusieurs États sont en transition dans un contexte sécuritaire volatile, Robert Dussey estime que les dirigeants devraient « investir plus dans la paix » plus qu’ils n’investissent dans la guerre.
« Le Togo est un pays de paix et le Togo s’oppose à la guerre quelles que soient ses raisons. Depuis notre indépendance le 27/04/1960 : Jamais le Togo n’a fait la guerre à ses voisins. Jamais le Togo n’a agressé ses voisins ou un quelconque pays. Jamais le Togo n’a servi de base arrière pour une quelconque agression contre un pays frère », a-t-il précisé.
Robert Dussey sur les efforts de paix du Togo
Pour le chef de la diplomatie togolaise, son pays ne cesse d’œuvrer pour la paix à travers la médiation qui favorise le dialogue, la négociation et l’entente entre les peuples et les gouvernements.
En témoigne l’implication du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé dans la résolution de la crise entre les gouvernements de Côte d’Ivoire et du Mali au sujet de l’affaire des 49 soldats ivoiriens et dans la guerre au Soudan à travers un dialogue consultatif et de concertation entre les leaders politiques et militaires du Darfour en juillet dernier à Lomé.
Le pays a pris d’autres initiatives pour le renforcement de la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel, marqués ces derniers temps par des dévolutions inconstitutionnelles du pouvoir avec l’instauration de régimes de transition.
Une rencontre dénommée « Lomé Peace and Security Forum » s’organise les 21 et 22 octobre à Lomé sous le thème du « Renforcement des transitions vers la gouvernance démocratique en Afrique ». En plus, le 9e Congrès Panafricain est prévu à Lomé en 2024 sur la question de la réforme de l’architecture multilatérale.
Au surplus, le Togo a créé en mai dernier avec d’autres pays, l’Alliance politique africaine (APA). Il s’agit d’un cadre de concertation, de dialogue politique et d’actions communes fondé sur les liens historiques de fraternité et les principes d’égalité souveraine des Etats, d’indépendance, d’interdépendance et d’unité d’actions.
Nécessaire réforme du Conseil de sécurité
Le chef de la diplomatie togolaise a insisté sur l’urgence de la réforme du conseil de sécurité des Nations Unies. Pour lui, l’Afrique ne peut plus rester en marge de l’instance à laquelle il revient d’assurer la paix et la sécurité internationales.
« Le Conseil de sécurité ne peut plus demeurer une simple affaire des vainqueurs et leurs alliés du deuxième conflit mondial. Rien ne peut plus justifier le maintien du statut quo. La structuration idéologique et institutionnelle du monde d’après-guerre est désormais obsolète. Nous sommes à une nouvelle ère des relations de l’Afrique et du Sud global avec le monde et l’Afrique n’entend plus dans la nouvelle dynamique restée dans l’ombre d’une quelconque grande puissance », a martelé Robert Dussey.
De la question des relations avec le continent africain
Au sujet des relations avec le continent africain, le ministre togolais des affaires étrangères a invité les puissances occidentales et autres à changer d’attitude et d’approche dans une Afrique qui a profondément changé.
« L’Afrique a besoin d’un partenariat respectueux de la stricte dignité de chacun. Nous voulons être vos partenaires et non vos sujets. Nous voulons servir nos peuples et non servir des intérêts étrangers », a-t-il martelé.
Pour Prof Dussey, « cette nouvelle dynamique n’est dirigée contre personne » mais reste « l’expression d’une Afrique nouvelle, d’une Afrique africaine, africanophone, celle qui se veut libre, souveraine, indépendante, maître d’elle-même ».



